Ce qu’il faut retenir :
- Le régulateur bancaire américain a accordé une approbation préliminaire conditionnelle aux deux entreprises.
- Revolut prévoit la conservation d’actifs numériques et des stablecoins à sa marque émis par un tiers.
- OpenReserve construit une banque sur blockchain avec dépôts tokenisés et conservation d’actifs.
Revolut et OpenReserve ont obtenu l’approbation préliminaire conditionnelle du régulateur bancaire américain pour créer des banques nationales, avec des projets de services liés aux cryptomonnaies et aux stablecoins dans les deux cas.
L’OCC, superviseur des banques nationales aux États-Unis, a rendu mercredi deux décisions distinctes : l’une autorisant Revolut à avancer sur un projet d’établissement dans le Connecticut, l’autre OpenReserve dans l’Utah.
Ce que prévoit Revolut
La fintech britannique justifie cette démarche par un motif économique. Elle veut fournir ses services à moindre coût et avec une efficacité supérieure à son modèle actuel, qui repose sur des banques partenaires couvertes par la garantie fédérale des dépôts.
Trois activités figurent au programme : la conservation d’actifs numériques, l’usage de cryptomonnaies et de stablecoins pour des transferts transfrontaliers, et des stablecoins à la marque Revolut émis par un tiers.
Ce dernier point reprend la répartition des rôles adoptée cette semaine en Europe. L’entreprise y a lancé EURR, son stablecoin en euro, dont l’émission revient à une filiale de Bridge, société rachetée par Stripe. Elle se place ainsi du côté de la distribution, en laissant à un partenaire agréé la charge de l’émission et de la gestion des réserves.
La démarche complète une série d’agréments obtenus cette année : autorisation du régulateur prudentiel britannique en mars, licence bancaire complète en France en août.
Qui est OpenReserve
L’entreprise a été fondée en 2025 par Dee Choubey, fondateur et ancien dirigeant de MoneyLion, avec le soutien du fonds Andreessen Horowitz.
Son projet consiste à bâtir une banque fonctionnant sur blockchain, proposant des services bancaires classiques aux côtés de dépôts tokenisés et de services sur actifs numériques.
Le plan comprend trois volets : les dépôts tokenisés, la conservation d’actifs numériques, et une filiale chargée d’émettre des stablecoins adossés au dollar. Cette dernière n’a pas encore fait l’objet d’un dossier de demande.
La distinction entre dépôt tokenisé et stablecoin mérite un mot. Le premier constitue une créance sur la banque, inscrite sur un registre partagé et couverte par le régime bancaire. Le second est un jeton émis contre des réserves, dont le porteur détient une créance sur l’émetteur. Le premier reste dans le périmètre bancaire, le second en sort.
Une étape, pas une autorisation
La prudence s’impose sur la portée de ces décisions. Les deux établissements ne pourront pas ouvrir avant d’avoir satisfait aux exigences préalables du régulateur et obtenu une approbation définitive.
Ces conditions couvrent en général le niveau de capital, les dispositifs de contrôle interne, la gouvernance et les procédures de conformité.
Un mouvement d’ensemble vers les charters bancaires
Ces deux dossiers s’inscrivent dans une séquence plus large. Le secteur des actifs numériques cherche à obtenir des agréments bancaires américains, quand les banques établies avancent en sens inverse vers les actifs numériques.
Le calendrier de la semaine en fournit une illustration. Vingt-et-une institutions financières, dont Bank of America, Citi, Goldman Sachs et Crédit Agricole, se sont engagées lundi à créer une société commune pour émettre un stablecoin en dollar au premier semestre 2027. Citi doit par ailleurs lancer son service de conservation de bitcoins cette année.
Le cadre réglementaire suit le même mouvement. L’OCC vise novembre 2026 pour publier ses règles définitives d’application du GENIUS Act, la loi fédérale sur les stablecoins de paiement, dont l’entrée en vigueur est fixée au 18 janvier.
Et maintenant ?
Trois points détermineront la suite pour ces deux dossiers.
Le calendrier d’obtention de l’approbation définitive, d’abord, qui dépend du respect des exigences préalables. L’identité du tiers émetteur des stablecoins de Revolut ensuite, élément qui déterminera le régime applicable à ces jetons. Et le dépôt du dossier de filiale d’OpenReserve enfin, encore à venir.
Un dernier élément pèsera sur ces projets. Le président de la Réserve fédérale a ouvert la porte à une hausse des taux ce mois-ci, et le modèle économique d’un émetteur de stablecoin repose précisément sur le rendement des réserves qui adossent ses jetons.
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