Ormuz : Washington sanctionne un système d’assurance maritime iranien payable en bitcoin

Le Trésor américain sanctionne deux entités iraniennes derrière une assurance maritime en bitcoin imposée aux navires du détroit d’Ormuz.
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Ce qu’il faut retenir :

  • Le Trésor américain a sanctionné deux entités iraniennes derrière une assurance maritime acceptant le bitcoin.
  • Le dispositif obligeait les navires commerciaux à souscrire une couverture pour franchir le détroit d’Ormuz.
  • Washington affirme que les recettes alimentaient les Gardiens de la révolution islamique.

Le Trésor américain a sanctionné deux entreprises iraniennes à l’origine d’une opération d’assurance maritime acceptant les paiements en bitcoin. Selon Washington, ce dispositif contraignait les navires commerciaux à souscrire une couverture pour franchir le détroit d’Ormuz et reversait les recettes au Corps des gardiens de la révolution islamique.

Les États-Unis ne permettront pas à l’Iran de prendre en otage le commerce mondial ni d’utiliser le transport maritime international pour financer les actes de terrorisme, d’agression et de répression commis par le Corps des gardiens de la révolution islamique.

Comment fonctionnait ce système d’assurance payable en bitcoin ?

L’Office of Foreign Assets Control a désigné la Persian Gulf Marine Insurance Company et la HormuzSafe Marine Services Authority, connue sous le nom de Hormuz Safe. Cette dernière a été développée par le ministère iranien de l’Économie et accepte les règlements en bitcoin ainsi qu’en d’autres actifs numériques, dans le cadre des tentatives du régime pour contourner les sanctions occidentales, indique le communiqué du Trésor.

Les polices étaient validées par la Persian Gulf Strait Authority, un organisme soutenu par le CGRI que Washington avait déjà désigné en mai.

Le Trésor conteste jusqu’à la nature de l’activité : il parle d’extorsion plutôt que d’assurance, en relevant que les polices couvraient des risques comme la saisie de navires, que l’Iran crée lui-même dans leur immense majorité.

L’existence du projet avait été signalée le 18 mai, sur la base d’informations de l’agence Fars News, liée à l’État iranien, décrivant une proposition du ministère de l’Économie visant à gérer le trafic maritime dans le détroit au moyen de polices d’assurance réglées en bitcoin.

À l’époque, le site de la plateforme n’affichait qu’une page d’accueil, sans qu’il soit possible de vérifier si le service fonctionnait ni si des propriétaires de cargaisons y avaient eu recours. Fars affirmait alors que le modèle pourrait générer plus de 10 milliards de dollars, sans expliquer comment ce chiffre était obtenu.

Ce que change concrètement la désignation

La mesure produit des effets bien au-delà des frontières américaines. Toute personne relevant de la juridiction des États-Unis a désormais interdiction de traiter avec ces deux sociétés, et les entreprises étrangères qui effectueraient des transactions avec elles s’exposent elles-mêmes à des sanctions.

Un point mérite d’être retenu par le secteur crypto : un paiement en bitcoin expose exactement au même risque qu’un virement bancaire. La désignation vise l’entité, pas le canal de règlement. Les deux sociétés ont été sanctionnées au titre d’un décret présidentiel couvrant les secteurs pétrolier et pétrochimique iraniens.

Le détroit d’Ormuz au cœur de la guerre économique

Le contexte donne sa portée à la mesure. Le détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux points de passage énergétiques de la planète, et son trafic s’est réduit au fil des semaines de frappes américaines contre l’Iran, qui maintiennent les cours du pétrole à un niveau élevé.

“Le régime est désespérément en quête de liquidités”, a déclaré Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, en évoquant une économie iranienne en chute libre et une inflation à trois chiffres.

Et maintenant ?

Deux points à surveiller. L’efficacité réelle du dispositif d’abord, puisque rien n’établit à ce stade le volume d’activité effectivement traité par Hormuz Safe. Le suivi des flux ensuite : les transactions en bitcoin s’inscrivent dans un registre public, ce qui offre aux enquêteurs une traçabilité que les circuits bancaires opaques ne procurent pas, à condition d’identifier les adresses concernées. Pour les armateurs et les assureurs qui opèrent dans la zone, la question devient opérationnelle : franchir Ormuz sans passer par un canal désormais sanctionné.

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