Amazon cherche des alternatives à Anthropic après le passage à la facturation au token

Amazon, premier investisseur d’Anthropic, évalue des modèles d’IA rivaux après le passage de Claude à la facturation au token sur AWS.
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Ce qu’il faut retenir :

  • Amazon, premier investisseur d’Anthropic avec environ 13 milliards de dollars, évalue désormais des modèles d’IA concurrents.
  • Le passage de Claude sur AWS à la facturation au token, en juin 2026, a exposé le coût réel des modèles de pointe.
  • Amazon développe ses propres modèles Nova et vise une concurrence frontale avec Anthropic et OpenAI d’ici un an.

Amazon a injecté plus de 13 milliards de dollars dans Anthropic pour s’offrir une place au premier rang de la course à l’IA. Le géant de Seattle fait désormais ses emplettes ailleurs. Depuis que l’intégration de Claude sur AWS est passée à la facturation au token en juin 2026, Amazon évalue des modèles d’IA concurrents pour réduire sa dépendance à Anthropic. Un retournement pour le plus gros bailleur de fonds du laboratoire.

Pourquoi Amazon cherche-t-il des alternatives à Anthropic ?

La réponse tient en un mot : le prix. Les modèles Claude sur AWS sont maintenant facturés au million de tokens, ou via des Claude Consumption Units (CCU), une unité de mesure valorisée à 0,01 dollar pièce. La facturation au token, c’est-à-dire un paiement proportionnel au volume de texte traité par le modèle, a mis à nu une réalité que la tarification à l’heure de calcul masquait : faire tourner des modèles de pointe à l’échelle d’une grande entreprise coûte très cher.

Les chiffres donnent le vertige. Selon les estimations rapportées dans le secteur, certaines factures d’IA dépassent désormais 500 millions de dollars par mois à l’échelle d’un grand acteur. Le genre de montant qui pousse les directeurs financiers à poser des questions gênantes sur le retour sur investissement. Le mouvement dépasse d’ailleurs le seul tandem Amazon-Anthropic : OpenAI et d’autres acteurs ont adopté des grilles tarifaires comparables, au token.

OpenAI et Nova : les options qu’Amazon met sur la table

Amazon ne part pas de zéro. Sa plateforme Amazon Bedrock héberge déjà les modèles d’OpenAI, dont GPT-5.5 et GPT-5.4, ainsi que l’agent de code Codex, disponibles depuis le printemps 2026. À cela s’ajoutent les modèles maison du groupe, la gamme Nova, développée en interne au sein d’AWS.

Le signal le plus clair vient du sommet. Peter DeSantis, vice-président senior d’Amazon, a affirmé à la mi-juin 2026 que le groupe comptait concurrencer directement les modèles de pointe d’Anthropic et d’OpenAI dans l’année qui vient. Pour tenir cette promesse, Amazon a engagé jusqu’à 5 gigawatts de puissance de calcul via AWS d’ici fin 2026. Quand un dirigeant de ce rang s’engage publiquement à rivaliser avec les meilleurs, c’est que le développement interne a déjà atteint un certain stade de maturité.

Quand les chercheurs d’Amazon déclenchent les contrôles à l’export

L’histoire prend une tournure ironique du côté de la régulation. Le 12 juin 2026, le département du Commerce américain a imposé des contrôles à l’export sur les deux modèles les plus avancés d’Anthropic, Fable 5 et Mythos 5, forçant le laboratoire à les désactiver pour l’ensemble de ses clients dans le monde. Les contrôles à l’export, ces restrictions qui encadrent l’accès à une technologie jugée sensible pour la sécurité nationale, n’avaient jamais visé un modèle d’IA américain auparavant.

Or, d’après l’analyse du CSIS, ce sont des chercheurs d’Amazon qui ont identifié la faille à l’origine de la mesure : une méthode de contournement des garde-fous de Fable 5, un jailbreak qui a alarmé Washington. Le plus gros investisseur d’Anthropic a donc contribué, par ses propres travaux, à faire suspendre les modèles qu’il finance. Le 27 juin 2026, le département du Commerce a autorisé un retour partiel de Mythos 5 auprès de partenaires de confiance, signe que le dossier reste mouvant.

Et maintenant ?

Anthropic se retrouve coincé entre deux feux. Les contrôles à l’export menacent ses revenus internationaux au moment précis où le laboratoire doit justifier les milliards engagés par Amazon. Et si Amazon réussit à bâtir des modèles internes compétitifs, Anthropic perdrait d’un coup son principal canal de distribution et son plus gros client, AWS étant à la fois l’un et l’autre.

La dimension géopolitique ajoute une couche de risque. Si les contrôles à l’export venaient à s’étendre à d’autres modèles ou à d’autres pays, les organisations qui ont tout misé sur un seul fournisseur pourraient se retrouver incapables de déployer leurs outils sur des marchés clés. Pour Amazon, dont la capitalisation frôle les 2 600 milliards de dollars, diversifier ses paris en IA relève autant de la prudence financière que de la stratégie. À surveiller : le calendrier des premiers modèles frontière d’Amazon, et la suite que donnera le département du Commerce au cas Anthropic.

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