Ce qu’il faut retenir :
- Anthropic interdit depuis le 4 avril l’utilisation des abonnements Claude Pro et Max avec OpenClaw et les outils tiers, imposant un paiement à l’usage séparé.
- Le créateur d’OpenClaw, Peter Steinberger, parti chez OpenAI en février, accuse Anthropic de copier les fonctionnalités populaires puis de verrouiller l’open source.
- Plus de 135 000 instances OpenClaw étaient actives au moment de l’annonce, certaines générant l’équivalent de 1 000 à 5 000 $ par jour en coûts API sur un abonnement à 200 $.
Anthropic a mis fin au buffet à volonté. Depuis le 4 avril à midi (heure du Pacifique), les abonnés Claude Pro (20 €/mois) et Max (100-200 €/mois) ne peuvent plus utiliser leurs quotas d’abonnement avec OpenClaw et les autres outils tiers. Ils doivent désormais passer par un système de facturation à l’usage séparé ou utiliser une clé API facturée au token.
Un écart de coûts devenu insoutenable
La décision, annoncée par e-mail aux abonnés et confirmée par Boris Cherny, responsable de Claude Code chez Anthropic, repose sur un argument économique simple. Les abonnements Claude ont été conçus pour un usage conversationnel : un humain ouvre une fenêtre de chat, pose une question, lit la réponse. Les outils tiers comme OpenClaw, un framework d’agents IA autonomes, génèrent des patterns d’utilisation radicalement différents.
Les outils d’Anthropic (Claude Code, Claude Cowork) sont optimisés pour maximiser les taux de cache de prompts, c’est-à-dire réutiliser du texte déjà traité pour économiser du calcul. Les outils tiers contournent largement ces optimisations. Résultat : un seul agent OpenClaw intensif pouvait générer 1 000 à 5 000 $ de coûts API équivalents par jour, le tout couvert par un abonnement Max à 200 € par mois.
Selon TNW, plus de 135 000 instances OpenClaw étaient actives au moment de l’annonce, avec un écart de prix de plus de cinq fois entre ce que les utilisateurs intensifs payaient en abonnement forfaitaire et ce que l’usage équivalent aurait coûté aux tarifs API.
La chronologie qui fâche
Le timing de la décision alimente les soupçons. Peter Steinberger, le développeur autrichien qui a créé OpenClaw (initialement nommé Clawdbot, puis Moltbot après des pressions juridiques d’Anthropic sur la marque), a rejoint OpenAI le 14 février 2026. Sam Altman a annoncé publiquement qu’il dirigerait la prochaine génération d’agents personnels chez OpenAI, le projet OpenClaw étant transféré à une fondation open source avec le soutien d’OpenAI.
Quelques semaines plus tard, Anthropic a ajouté à Claude Code des fonctionnalités qui avaient fait le succès d’OpenClaw, notamment la possibilité de communiquer avec des agents via Discord et Telegram. Puis est venue la restriction tarifaire.
Steinberger et Dave Morin, membre du board d’OpenClaw, affirment avoir tenté de négocier avec Anthropic mais n’avoir obtenu qu’un délai d’une semaine.
Les timings coïncident drôlement : d’abord ils copient les fonctionnalités populaires dans leur outil fermé, puis ils verrouillent l’open source.
Anthropic défend une contrainte technique
Cherny rejette l’accusation : les membres de l’équipe Claude Code sont “de grands fans de l’open source” et il a lui-même soumis des pull requests pour améliorer l’efficacité du cache de prompts spécifiquement pour OpenClaw. “C’est avant tout une question de contraintes d’ingénierie”, insiste-t-il, précisant qu’Anthropic propose des remboursements complets aux abonnés insatisfaits, un crédit unique équivalent à un mois d’abonnement (à utiliser avant le 17 avril) et jusqu’à 30 % de réduction sur des bundles d’usage prépayés.
Les utilisateurs souhaitant continuer à utiliser OpenClaw avec Claude peuvent passer par les bundles d’usage supplémentaire ou fournir une clé API, facturée aux tarifs standards : 3 $ par million de tokens en entrée et 15 $ en sortie pour Claude Sonnet 4.6, 15 $ et 75 $ respectivement pour Claude Opus 4.6.
La guerre des agents IA s’intensifie
La décision s’inscrit dans un contexte de compétition féroce pour le marché des développeurs. Anthropic a investi 100 millions de dollars dans son Claude Partner Network en mars 2026 et lancé une marketplace pour les logiciels Claude. OpenAI, de son côté, a récemment fermé son application Sora et ses modèles de génération vidéo, libérant des ressources de calcul pour se recentrer sur les développeurs et les entreprises qui s’appuient de plus en plus sur des outils comme Claude Code.
Ce qu’il faut surveiller
La politique sera étendue à tous les outils tiers dans les semaines à venir. Pour les développeurs qui avaient bâti leurs workflows autour d’un abonnement forfaitaire, le choc est brutal.
Goldman Sachs estime que le marché des agents IA personnels pourrait atteindre 50 milliards de dollars d’ici 2028, ce qui explique la course pour contrôler la relation client. La question de fond est de savoir si les développeurs resteront dans l’écosystème Claude ou migreront vers OpenAI, qui se positionne explicitement comme une alternative plus ouverte aux outils tiers.
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