Un bridge blockchain (pont blockchain) est un protocole qui permet le transfert d’actifs et de données entre deux blockchains différentes. Les bridges résolvent le problème d’interopérabilité : par défaut, Ethereum ne peut pas communiquer avec Solana, ni Bitcoin avec Avalanche. Un bridge crée une connexion entre ces réseaux isolés.
Le mécanisme le plus courant est le « lock and mint » : les tokens sont verrouillés dans un smart contract sur la chaîne source, puis une version « wrapped » (emballée) est créée sur la chaîne de destination. Par exemple, pour transférer de l’ETH vers Polygon, le bridge verrouille l’ETH sur Ethereum et crée du wETH sur Polygon. Pour revenir, le wETH est brûlé sur Polygon et l’ETH original est déverrouillé sur Ethereum.
Il existe plusieurs types de bridges selon leur modèle de confiance. Les bridges centralisés (comme les bridges d’exchanges) reposent sur un intermédiaire de confiance. Les bridges multisig (comme Multichain, Wormhole) utilisent un groupe de validateurs qui signent les transactions cross-chain. Les bridges optimistes (comme Across) supposent les transactions valides sauf preuve contraire. Les bridges à preuve de validité (comme zkBridge) utilisent des preuves cryptographiques zero-knowledge pour vérifier les transactions.
Les bridges sont parmi les cibles les plus lucratives pour les hackers. Les attaques sur Ronin Bridge (625M$), Wormhole (320M$), Nomad (190M$) et Harmony Horizon (100M$) figurent parmi les plus gros hacks de l’histoire crypto. La surface d’attaque est large : smart contracts complexes, clés de validateurs compromises, bugs dans la logique de vérification.
Malgré les risques, les bridges sont indispensables dans un écosystème multi-chaînes. Les solutions évoluent vers des approches plus sûres : bridges natifs des Layer 2 (rollups), intent-based bridges (Across, Connext), et bridges utilisant des preuves ZK qui ne nécessitent aucune confiance dans des validateurs tiers.