- MegaETH lance son mainnet public avec l’objectif d’éliminer la latence on-chain et de dépasser 100 000 transactions par seconde, bouleversant les standards actuels d’Ethereum.
- Le projet s’appuie sur une trajectoire financière exceptionnelle, avec 20 M$ levés en seed et 450 M$ lors d’une vente de tokens en 2025.
- MegaETH s’impose dans le débat sur le scaling d’Ethereum en misant sur la performance et l’expérience utilisateur malgré la multiplication des layer 2.
MegaETH entre officiellement dans l’arène. Le projet a lancé lundi son mainnet public, avec une promesse claire : faire disparaître la latence on-chain et rapprocher l’expérience blockchain de celle des applications web traditionnelles. Une arrivée remarquée, au moment même où l’écosystème Ethereum se déchire sur la meilleure manière de passer à l’échelle.
Présenté jusqu’ici comme un layer 2 “temps réel”, MegaETH vise plus de 100 000 transactions par seconde, un saut de performance radical comparé aux moins de 30 transactions par seconde qu’Ethereum peut traiter aujourd’hui sur sa couche de base. L’ambition est simple sur le papier, mais lourde de conséquences : rendre les interactions on-chain quasi instantanées, sans compromis visible pour l’utilisateur final.
Une trajectoire éclair, soutenue par de gros capitaux
Le lancement du mainnet vient couronner une montée en puissance fulgurante. L’entité de développement MegaLabs avait levé 20 millions de dollars en seed en 2024, avant de frapper très fort à l’automne dernier avec une vente de tokens sursouscrite de 450 millions de dollars. L’opération figure parmi les plus importantes levées crypto de l’année 2025.
Cette traction financière a rapidement placé MegaETH sous les projecteurs, autant pour ses choix techniques que pour le profil de ses soutiens. Le projet s’est construit avec l’image d’une infrastructure radicalement orientée performance, prête à remettre en question certains dogmes établis autour du scaling d’Ethereum.
Un token volontairement bridé au lancement
Contrairement à de nombreux réseaux concurrents, MegaETH n’a pas choisi de libérer massivement son token dès le jour un. MEGA, le token natif du réseau, n’est que partiellement débloqué au lancement. L’équipe a confirmé que la distribution et les usages du token évolueront progressivement, avec des déblocages conditionnés à l’adoption réelle du réseau.
Ce choix s’inscrit dans une stratégie plus large : éviter une inflation prématurée du token sans activité économique suffisante, et aligner plus strictement la création de valeur avec l’utilisation effective de la chaîne.
MegaETH au cœur d’un débat existentiel pour Ethereum
Le timing du lancement n’a rien d’anodin. Depuis plusieurs mois, la feuille de route historique d’Ethereum, largement fondée sur les layer 2 et les rollups, est de plus en plus questionnée. L’idée que la couche de base puisse rester relativement limitée en capacité, tout en déléguant la scalabilité à une multitude de réseaux secondaires, montre aujourd’hui ses limites.
La fragmentation de la liquidité, la complexité de l’expérience utilisateur et la multiplication des ponts ont ravivé le débat. Faut-il continuer à empiler des layer 2, ou réinvestir massivement dans la montée en puissance du layer 1 ? Pour Vitalik, le layer 1 peut scale et les autres couches doivent apporter plus qu’une amélioration de la rapidité.
Dans ce contexte, MegaETH arrive comme un objet hybride. Son design à très haute performance parie sur une demande persistante pour des environnements capables de traiter des volumes massifs avec une latence minimale, sans imposer à l’utilisateur une gymnastique permanente entre réseaux.
Une thèse assumée, mais risquée
Les défenseurs des layer 2 traditionnels estiment que les rollups ont déjà prouvé leur efficacité et qu’ils restent indispensables pour absorber la croissance future. Le camp opposé considère que l’explosion du nombre de réseaux a dilué l’écosystème Ethereum et nui à sa lisibilité.
MegaETH se positionne précisément sur cette ligne de fracture. En misant sur la vitesse et l’expérience, le projet fait le pari que le marché est prêt à privilégier des chaînes ultra-performantes, quitte à rebattre certaines cartes du modèle actuel.
Le mainnet n’est qu’un point de départ. La vraie question est désormais de savoir si développeurs et utilisateurs suivront suffisamment vite pour transformer cette promesse technologique en traction réelle. Dans un Ethereum en pleine introspection, MegaETH ne se contente pas de participer au débat. Il le met à l’épreuve, directement sur le terrain.