- MegaETH utilisera les revenus générés par son stablecoin USDM pour racheter régulièrement des tokens MEGA, reliant directement adoption du protocole et pression acheteuse.
- L’émission de MEGA est conditionnée à des indicateurs précis, comme 500 M$ de USDM en circulation, 10 applications lancées ou des revenus on-chain mesurables.
- Cette approche rompt avec les tokenomics classiques en liant création monétaire, usage réel et buybacks programmatiques avant toute spéculation massive.
MegaETH dévoile une mécanique économique rarement assumée aussi frontalement dans l’écosystème crypto. La fondation derrière le projet utilisera les revenus générés par son stablecoin natif USDM pour racheter régulièrement des tokens MEGA sur le marché, transformant la croissance de l’activité en pression acheteuse directe sur le token.
L’annonce intervient à quelques jours du lancement très attendu du mainnet, prévu lundi. Contrairement à la majorité des projets, MegaETH a volontairement dissocié l’événement mainnet du lancement de son token, préférant conditionner l’émission de MEGA à des indicateurs de performance mesurables.
USDM au cœur de la stratégie économique
USDM est présenté comme la pierre angulaire de l’écosystème MegaETH. Le stablecoin est conçu en partenariat avec MegaLabs et Ethena, et génère du rendement via ses réserves sous-jacentes en USDtb, un stablecoin d’Ethena adossé au fonds BUIDL de BlackRock.
Ce rendement ne sera pas simplement conservé ou redistribué. Il servira à accumuler des tokens MEGA via des achats récurrents, créant un lien explicite entre l’adoption du stablecoin, l’usage des applications et la valeur économique du token.
La fondation résume la logique sans détour : plus les applications croissent, plus USDM circule ; plus USDM circule, plus les rachats de MEGA augmentent. Une boucle de rétroaction assumée, pensée pour aligner activité réelle et tokenomics.
Une émission conditionnée à la performance
MegaETH a déjà précisé que plus de 50 % de l’offre totale de MEGA ne sera libérée qu’en fonction de critères objectifs. Vendredi, la fondation a détaillé trois indicateurs clés pouvant déclencher indépendamment le token generation event.
Premier scénario : atteindre une supply pondérée sur 30 jours d’au moins 500 millions de dollars de USDM en circulation. Deuxième option : le lancement d’au moins dix applications construites sur MegaETH. Troisième voie : voir au moins trois applications générer chacune plus de 50 000 dollars de frais pendant 30 jours consécutifs.
Sept jours après la validation de l’un de ces critères, MEGA sera officiellement émis. Tous les indicateurs seront publics et traçables via des interfaces dédiées dès le 9 février.
Une approche à contre-courant du marché
Dans un environnement où de nombreux projets lancent leurs tokens avant toute traction réelle, MegaETH prend le contre-pied. Pas de promesse vague de future adoption, mais une conditionnalité stricte entre usage mesurable et création monétaire.
Ce choix réduit mécaniquement le risque d’un token surdimensionné par rapport à l’activité réelle, un reproche récurrent adressé aux layer 1 et layer 2 récents. Il introduit aussi une temporalité différente : le marché ne spécule plus uniquement sur une roadmap, mais sur la capacité du réseau à atteindre des seuils concrets.
Proximity markets : un test économique inédit
En parallèle, MegaETH prévoit de lancer après le mainnet une version bêta de ses “proximity markets”. Le principe : permettre aux utilisateurs intensifs du protocole, market makers, traders haute fréquence ou applications, d’enchérir pour obtenir des positions proches du séquenceur.
L’objectif est double. Réduire la latence et améliorer l’exécution, tout en créant une nouvelle source de demande structurelle pour le token MEGA. Une expérimentation économique ambitieuse, qui servira de test grandeur nature pour l’équilibre entre performance réseau et monétisation.
Avec USDM comme moteur de revenus, des rachats programmatiques de tokens et une émission conditionnée à l’usage réel, MegaETH s’engage sur un terrain exigeant. Reste désormais une seule question : l’écosystème suivra-t-il assez vite pour déclencher la machine ?