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Quelles seront les conséquences de l’interdiction de la Chine sur le Bitcoin ?

La Chine est reconnue comme un acteur majeur du marché des crypto monnaies. Si aujourd’hui son gouvernement se veut être des plus répressifs concernant les transactions financières et le minage de Bitcoin, le pays reste le plus avancé sur la question de la mise en circulation d’une monnaie digitale par une banque centrale.

Ayant annoncé des restrictions sur les activités liées au Bitcoin ce 18 mai 2021 en semant au passage la panique sur le marché, quelles seraient les conséquences de ces interdictions ? Mettons au clair la position de la Chine sur les crypto monnaies ainsi que les raisons et conséquences des interdictions annoncées.

Une longueur d’avance pour la Chine

La Chine a cette année été le premier grand pays à créer sa CBDC (Central Bank Digital Currency). Sa volonté est claire : afficher une position de puissance monétaire et contrôler le sujet des crypto monnaies sur son territoire. Les États-Unis, concentrés sur le maintien du dollar comme première réserve de valeur, montrent alors un retard en prévoyant un projet de crypto dollar pour 2022, et l’Europe, loin derrière, ne projette rien avant 2026.

Un Crypto Yuan déjà en test

La CBDC chinoise, officiellement nommée « Digital Currency Electronic Payment » est d’ores et déjà en phase de test depuis mars 2021 pour 750 000 Chinois ayant été tirés au sort. L’objectif de la Chine est ici d’imposer la force du gouvernement sur la politique monétaire et de dépasser les entreprises privées sur le marché des paiements numériques. Pour cela, les frais de transactions ont été supprimés, rendant l’État plus compétitif que WeChatPay et AliPay, leaders du secteur sur le territoire. La Chine veut alors rendre complètement utilisable le DCEP d’ici février 2022 grâce au développement d’une application de la banque centrale chinoise. 

Un projet largement critiquable 

Si la Chine se montre précurseur dans l’univers des crypto monnaies, un problème est visible quant au développement de ce moyen de paiement numérique : chaque unité de monnaie est suivie, donc les transactions de la population aussi. La Chine pourrait par exemple donner une durée de vie aux unités de devise pour maîtriser l’économie. En mettant une date de péremption sur des jetons, la population serait alors forcée à la consommation en cas de crise. L’État aura donc un regard permanent sur les transactions et les opérations financières réalisées avec sa devise numérique. 

La Chine interdit le Bitcoin

C’est l’événement qui a secoué l’ensemble du marché des crypto monnaies : trois associations financières chinoises (La Fédération nationale de financement sur Internet, la Fédération bancaire de Chine et la Fédération de paiement et de compensation) ont interdit toute activité liée au Bitcoin aux institutions financières du territoire. Si ce n’est pas la première fois que le pays évoque de telles mesures, quelles en sont les véritables causes et quelles conséquences auront l’application de cette décision ?

Limiter les risques face à trop d’instabilité

C’est l’argument principal de la Chine : le Bitcoin représenterait de trop gros risques financiers. En effet, la première crypto monnaie est considérée par le gouvernement comme rien de plus qu’un outil de spéculation montrant des corrections bien trop importantes pour représenter un outil de paiement fiable et utilisable pour ses institutions. 

Appliquer des normes environnementales 

Une des autres raisons officielles avancées par le gouvernement chinois est écologique. La Chine, s’étant engagée en 2020 à atteindre une neutralité carbone d’ici 2060, doit bien commencer la réduction de ses émissions polluantes quelque part. Selon le Center for Alternative Finance de l’université de Cambridge, c’est 65 % de la proportion du minage de Bitcoin dans le monde qui est accordé au territoire Chinois. Cette activité nécessitant une importante exploitation de centrales à charbon, la décision chinoise de limiter cette activité peut alors sembler légitime.

Restreindre le Bitcoin pour valoriser la DCEP

Si l’argument écologique pouvait suffire à justifier l’action du gouvernement, il existe une autre raison majeure. Comme mentionné précédemment, la Chine, sur la question des devises digitales, a eu un temps d’avance sur tous les autres gouvernements. Pékin veut alors logiquement mettre en avant son crypto yuan et ainsi assurer sa place de leader dans la course aux monnaies digitales de banques centrales. 

Des conséquences uniquement négatives pour le marché ?           

Si une bulle Bitcoin était déjà en train d’éclater, entrainant toutes les autres crypto monnaies, l’annonce des autorités chinoises ce 18 mai n’a rien arrangé. Si beaucoup ont vu cet événement comme un mauvais signe pour le Bitcoin, rien n’est sûr concernant l’avenir de la première devise du marché.

Cours du Bitcoin après l’annonce de la Chine (TradingView)

En effet, les conséquences de l’interdiction du Bitcoin en Chine pourront largement désengorger le pays, qui mine aujourd’hui une très large partie des nouvelles unités de BTC. Cela pourrait alors purifier le marché, offrir l’occasion au Bitcoin de se décentraliser à nouveau pour retrouver la nature que son code lui délivrait. 

Si personne ne peut définir l’avenir du cours du Bitcoin, les mesures prises par la Chine ne seront sûrement pas ce qui tuera la crypto monnaie mère.

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