Ce qu’il faut retenir :
- Le format Transaction V1 est entré en service mardi vers 01h00 UTC.
- La limite passe de 1 232 à 4 096 octets par transaction.
- Les services qui lisent la blockchain doivent se mettre à jour sous peine d’erreurs.
Solana a plus que triplé le volume de données pouvant tenir dans une seule transaction. Le format Transaction V1 est entré en service mardi vers 01h00 UTC, portant la limite de 1 232 à 4 096 octets.
Le vrai gain tient à l’atomicité
L’intérêt principal de cette évolution ne réside pas dans l’espace disponible, mais dans ce que cet espace permet de garantir.
Une transaction blockchain fonctionne selon le principe du tout ou rien. Si l’une de ses étapes échoue, l’ensemble est annulé et revient à son état initial. Cette propriété, appelée atomicité, protège l’utilisateur contre une opération à moitié exécutée.
Les développeurs contournaient jusqu’ici la limite de taille en regroupant plusieurs transactions. La proposition technique à l’origine de cette mise à jour relève le défaut de cette méthode : ces regroupements n’offrent pas la même garantie au niveau du réseau. Rien n’assure que toutes les transactions du lot réussissent ou échouent ensemble.
L’enjeu se comprend par l’exemple. Un échange en plusieurs étapes, passant par trois protocoles successifs, peut voir les deux premières réussir et la troisième échouer. L’utilisateur se retrouve alors avec un actif intermédiaire qu’il n’a jamais voulu détenir, exposé au marché le temps de corriger la situation.
Loger ces étapes dans une transaction unique supprime ce scénario.
Ce que cette mise à jour ne change pas
Une confusion mérite d’être écartée. Le changement porte sur ce que chaque transaction peut transporter, non sur le nombre de transactions que le réseau traite par seconde.
La capacité de traitement de Solana n’est donc pas modifiée par cette évolution.
Les usages visés
Deux catégories d’applications figurent dans la proposition technique.
Les portefeuilles d’entreprise d’abord, où plusieurs personnes doivent approuver un paiement. Chaque signature occupe de la place, et l’ancienne limite devenait contraignante dès que le nombre d’approbateurs augmentait.
Les preuves à divulgation nulle de connaissance ensuite. Ces dispositifs cryptographiques permettent de vérifier une information sans révéler les données sous-jacentes, par exemple prouver qu’un solde dépasse un seuil sans dévoiler son montant. Ils produisent des preuves volumineuses, que l’ancien format acceptait mal.
L’écart avec Ethereum se réduit sans disparaître
Cette limite constituait l’un des rares points sur lesquels Solana restait en retrait face à son concurrent.
Ethereum n’impose aucune taille rigide au niveau du protocole. Il fonctionne avec une limite de gas par bloc, mécanisme souple qui accepte des opérations volumineuses tant que l’utilisateur en couvre le coût. Payer davantage permet d’y loger davantage.
Solana conserve à l’inverse un plafond fixe, désormais relevé. L’avantage structurel demeure donc du côté d’Ethereum sur ce point précis, même si l’écart pratique se resserre.
Le risque de compatibilité est désormais réel
L’avertissement de la fondation mérite d’être pris au sérieux, car il concerne les utilisateurs par ricochet.
Les services qui alimentent les portefeuilles, les applications de négociation et les plateformes d’analyse doivent reconnaître le nouveau format. À défaut, une requête portant sur une transaction donnée peut échouer.
Le point le plus délicat concerne les blocs. Une requête portant sur un bloc entier peut échouer si ce bloc contient ne serait-ce qu’une seule transaction au nouveau format. Un service non mis à jour ne perd donc pas seulement l’accès aux transactions V1, il perd l’accès aux blocs qui en contiennent.
La fondation précise qu’il s’agit d’avertissements de compatibilité, et non du constat d’une panne généralisée.
Les anciens formats restent par ailleurs pris en charge. Une application peut continuer d’émettre des transactions à l’ancien format, elle doit en revanche être mise à jour pour lire les nouvelles.
Et maintenant ?
Le point de vigilance des prochains jours porte sur les intermédiaires plutôt que sur le réseau lui-même.
Un utilisateur dont le portefeuille, l’explorateur de blocs ou l’application de suivi affiche des erreurs ou des soldes incohérents dans les jours qui viennent devrait considérer cette mise à jour comme la première explication à examiner, avant toute hypothèse plus inquiétante.
Cette évolution reste sans rapport avec les votes de gouvernance conclus début septembre, qui ont doublé le rythme de désinflation du token. Le réseau avait alors approuvé sa Constitution et rejeté une proposition sur les frais de ressources.
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