- Le Sénat adopte une résolution au titre du War Powers Act pour bloquer toute nouvelle action militaire au Venezuela sans l’accord explicite du Congrès, après l’arrestation de Nicolás Maduro.
- Le vote est bipartisan et fragilise Donald Trump, cinq sénateurs républicains rejoignant les démocrates pour dénoncer le risque d’escalade militaire prolongée.
- Trump dénonce une atteinte directe à ses pouvoirs de commandant en chef, tandis que le Congrès affirme vouloir éviter une nouvelle guerre durable.
Le Sénat américain a infligé un camouflet politique rare à Donald Trump. À peine cinq jours après l’opération militaire spectaculaire ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro, une majorité de sénateurs a voté pour bloquer toute nouvelle action militaire américaine au Venezuela sans l’aval explicite du Congrès.
Un vote bipartisan qui fissure le camp républicain
La chambre haute, pourtant contrôlée par les républicains, a voté à 52 voix contre 47 pour faire avancer une résolution relevant du War Powers Act. Le texte vise à empêcher l’administration Trump de lancer de nouvelles frappes ou opérations militaires au Venezuela sans autorisation préalable du Congrès.
Cinq sénateurs républicains ont rejoint l’ensemble des démocrates, un geste politiquement lourd dans un contexte de forte polarisation. Ce vote marque la critique la plus nette, à ce stade, de la stratégie interventionniste du président au sein même de son parti.
L’opération Maduro ravive les tensions institutionnelles
Le scrutin intervient dans un climat explosif. L’intervention américaine ayant permis l’arrestation de Nicolás Maduro s’est déroulée sans notification préalable du Congrès, alimentant un malaise institutionnel. Si de nombreux élus républicains ont initialement soutenu l’opération, l’idée d’une implication militaire prolongée commence à inquiéter.
Plusieurs sénateurs ont expliqué leur vote par la crainte d’un engrenage. Les déclarations de la Maison-Blanche évoquant la possibilité de « gérer » le Venezuela, voire d’étendre des opérations à d’autres pays d’Amérique latine ou à des territoires stratégiques comme le Groenland, ont renforcé ces préoccupations.
Trump contre-attaque et dénonce une atteinte à ses pouvoirs
Donald Trump n’a pas tardé à réagir. Sur les réseaux sociaux, il a violemment critiqué les républicains ayant soutenu la résolution, les accusant de fragiliser la sécurité nationale et de saper l’autorité du président en tant que commandant en chef.
Selon lui, le vote entrave la capacité des États-Unis à se défendre et constitue une tentative inacceptable de réduire les prérogatives de l’exécutif en matière militaire. Une lecture classique du conflit entre pouvoirs présidentiels et contrôle parlementaire, mais rarement exprimée avec autant de virulence par un président face à son propre camp.
Une mise en garde contre une guerre qui s’installe
Du côté des sénateurs favorables au texte, le message est clair : il ne s’agit pas de remettre en cause l’opération passée, mais d’empêcher une escalade incontrôlée. Plusieurs élus ont insisté sur le fait qu’ils refusaient de s’engager dans un scénario de présence militaire durable ou de “boots on the ground”.
L’argument central revient comme un refrain : Donald Trump avait promis d’en finir avec les guerres sans fin. Une implication prolongée au Venezuela irait à l’encontre de cet engagement, même si elle n’était pas initialement planifiée comme telle.
Un signal politique fort, mais pas décisif
La résolution doit encore franchir plusieurs étapes législatives avant d’entrer pleinement en vigueur. Elle n’empêche pas rétroactivement l’opération déjà menée, mais elle envoie un signal politique puissant à la Maison-Blanche.
Au-delà du Venezuela, ce vote illustre une inquiétude croissante au Congrès face à un usage de plus en plus offensif de la force militaire par l’exécutif. Pour les marchés et les observateurs internationaux, il ajoute une nouvelle couche d’incertitude géopolitique, dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions diplomatiques et financières.