- Nvidia abandonne l’accord de 100 milliards avec OpenAI et opte pour un investissement en equity de 30 milliards, dans un contexte de correction des valeurs tech et de doutes sur l’IA.
- OpenAI prépare une levée dépassant 100 milliards, visant une valorisation de 730 milliards, avec SoftBank, Amazon, Microsoft et le fonds souverain MGX parmi les investisseurs.
- La fin du montage circulaire simplifie la relation avec Nvidia et réduit les craintes de bulle, alors que le marché exige désormais des preuves de rentabilité.
Un deal simplifié dans un contexte de nervosité sur l’IA
Le méga-accord entre Nvidia et OpenAI annoncé en grande pompe en septembre dernier ne verra jamais le jour. Selon le Financial Times, les deux entreprises abandonnent leur partenariat d’investissement de 100 milliards de dollars sur plusieurs années au profit d’un investissement en equity de 30 milliards de dollars, en cours de finalisation et potentiellement bouclé dès ce week-end.
Ce recul intervient alors que les valeurs tech américaines ont chuté de près de 20 % depuis le début de l’année, alimentant des doutes sur la santé du secteur IA. L’accord initial, structuré en dix tranches de 10 milliards, devait lier étroitement le fabricant de puces et la startup d’IA à mesure que les besoins en calcul d’OpenAI grandissaient. Mais le deal n’a jamais dépassé le stade du protocole d’accord, et le Wall Street Journal rapportait en janvier qu’il était « au point mort ».
Une levée de fonds géante à plus de 100 milliards de dollars
L’investissement de Nvidia s’inscrit dans une levée de fonds colossale qui devrait dépasser les 100 milliards de dollars, valorisant OpenAI à 730 milliards de dollars hors nouveaux capitaux.
Les autres participants attendus : SoftBank (30 milliards $), Amazon (jusqu’à 50 milliards $) dans le cadre d’un partenariat plus large incluant l’utilisation des modèles OpenAI, ainsi que MGX, le fonds tech souverain d’Abu Dhabi, et Microsoft, qui devraient également investir plusieurs milliards.
OpenAI a indiqué aux investisseurs lors de réunions cette semaine qu’elle prévoit de dépenser environ 600 milliards de dollars en ressources de calcul d’ici 2030, auprès de Nvidia, Amazon et Microsoft. L’entreprise considère l’accès à la puissance de calcul comme sa meilleure défense face à la concurrence.
La fin des deals circulaires ?
L’accord initial Nvidia-OpenAI avait suscité des inquiétudes parmi les analystes en raison de sa structure circulaire : Nvidia investissait dans OpenAI, qui réinvestissait dans des puces Nvidia. Cette dynamique, reproduite avec AMD, Broadcom et des fournisseurs cloud comme Oracle, alimentait les craintes d’une bulle.
Le passage à un investissement en equity plus classique simplifie la relation. OpenAI continuera d’acheter massivement du hardware Nvidia, mais sans le cadre contractuel rigide qui liait achats et investissements. Sam Altman a tenté de rassurer sur la relation :
Nous adorons travailler avec Nvidia, ils fabriquent les meilleures puces IA au monde.
Jensen Huang a qualifié de « non-sens » toute suggestion de tensions entre les deux entreprises.
OpenAI, la machine à lever
Avec des revenus annualisés dépassant les 20 milliards de dollars, une croissance qui triple chaque année en corrélation directe avec l’augmentation de ses capacités de calcul, et une valorisation qui flirte avec les 730 milliards, OpenAI s’impose comme la startup la plus capitalisée de l’histoire. À titre de comparaison, son concurrent Anthropic a été valorisé à 380 milliards de dollars lors de sa dernière levée, bouclée la semaine dernière, malgré un attrait mondial pour Claude.
La question reste de savoir si ces valorisations stratosphériques résisteront à un environnement de marché plus hostile, où les investisseurs commencent à exiger des preuves concrètes de rentabilité plutôt que des promesses de croissance exponentielle.