Ce qu’il faut retenir :
- Nvidia a cessé la production de puces H200 pour le marché chinois, réallouant ses capacités vers la nouvelle architecture Vera Rubin. NVDA perd 0,3% en pre-marché.
- Environ 250 000 H200 ont déjà été produites et pourraient suffire si des ventes limitées sont autorisées.
- Un sommet Trump-Xi prévu fin mars pourrait débloquer la situation sur les exportations de semi-conducteurs.
Nvidia a arrêté la production de ses puces H200 destinées au marché chinois et réalloué ses capacités de fabrication chez TSMC vers sa nouvelle architecture Vera Rubin. La décision, révélée par le Financial Times, marque un tournant stratégique pour le géant américain des semi-conducteurs, pris en étau entre les restrictions de Washington et celles de Pékin.
Au lieu d’attendre dans l’incertitude, Nvidia doit se concentrer sur ce qu’elle peut réaliser avec certitude, en particulier lorsqu’il y a une pénurie d’approvisionnement pour ses produits de pointe.
Source du FT
Cela pourrait en quelque sorte accélérer la livraison et le déploiement de Vera Rubin.
Un pari sur Vera Rubin plutôt qu’une attente sans fin
Le H200, un processeur IA de génération précédente, avait été positionné comme conforme aux contrôles américains à l’exportation. Nvidia avait massivement lobbié les deux capitales pour en autoriser la vente en Chine, et le groupe anticipait des commandes dépassant le million d’unités auprès de clients chinois. Sa chaîne d’approvisionnement tournait à plein régime début 2025 pour des livraisons prévues dès mars.
Mais le processus d’approbation s’est enlisé. Le département d’État américain a poussé pour des restrictions plus sévères, visant à empêcher la Chine d’utiliser les H200 d’une manière qui compromettrait la sécurité nationale. De son côté, Pékin a maintenu le H200 sur sa liste de produits interdits à l’importation, sauf obtention d’une lettre d’approbation spécifique.
Plutôt que de rester dans l’incertitude, Nvidia a choisi de basculer ses lignes de production vers Vera Rubin, son architecture de dernière génération conçue pour les systèmes d’IA les plus avancés, déjà très demandée par OpenAI, Google et les autres géants tech américains.
250 000 puces en stock, zéro dollar de revenu
Nvidia a déjà produit environ 250 000 puces H200, selon des sources proches du dossier. Mais ce stock n’a pour l’instant généré aucun chiffre d’affaires sur le marché chinois. Colette Kress, directrice financière de Nvidia, l’a confirmé lors de la dernière publication de résultats : seules de petites quantités ont reçu le feu vert américain, et le groupe ignore encore si des importations seront autorisées par la Chine.
Si des commandes limitées finissent par être validées par les deux gouvernements, le stock existant devrait suffire à couvrir la demande sans relancer de production.
Ce qu’il faut surveiller
Le sommet prévu entre Donald Trump et Xi Jinping fin mars alimente les spéculations sur un éventuel accord autour des exportations de semi-conducteurs. En cas de déblocage, Nvidia aurait besoin d’environ trois mois pour réallouer ou augmenter ses capacités de production de H200. D’ici là, le basculement vers Vera Rubin pourrait accélérer les livraisons de cette nouvelle génération, transformant un blocage géopolitique en avantage industriel.
L’action NVDA est restée assez stable après l’annonce, avec une légère chute de 0,3% en pré-marché.