Ce qu’il faut retenir :
- La CFTC autorise pour la première fois les contrats perpétuels sur actions individuelles sur des bourses américaines régulées.
- Ces « equity perps » seront supervisés conjointement par la CFTC et la SEC.
- Les perps ont généré plus de 630 milliards de dollars de volume en un mois, selon DefiLlama.
Ce que la CFTC vient d’autoriser
Les contrats perpétuels sur actions arrivent sur les marchés régulés américains. La Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a annoncé ce mardi 3 novembre que ces produits, adossés à des actions individuelles, pourront pour la première fois être négociés sur des bourses enregistrées aux États-Unis, rapporte le Financial Times.
Selon le communiqué de la CFTC, ces contrats, baptisés equity perps, sont considérés comme approuvés dans le cadre des règles existantes sur les security futures, les contrats à terme portant sur des titres financiers. Conséquence directe : ils relèveront d’une double supervision, celle de la CFTC et celle de la Securities and Exchange Commission (SEC).
Aucune nouvelle loi n’a donc été nécessaire. Le régulateur s’appuie sur un cadre déjà en place pour importer à Wall Street un instrument né dans l’univers crypto.
Qu’est-ce qu’un contrat perpétuel sur actions ?
Un contrat perpétuel, ou perp, c’est-à-dire un contrat à terme sans date d’échéance, permet de parier sur l’évolution du prix d’un actif sans le détenir. Contrairement aux futures classiques, il n’a pas besoin d’être renouvelé à expiration.
Ces produits s’accompagnent le plus souvent d’un effet de levier, qui amplifie les gains comme les pertes. Appliqué à une action individuelle, le principe reste identique : le trader s’expose à la hausse ou à la baisse d’un titre sans acheter l’action elle-même.
Le format est devenu un pilier du trading crypto, en particulier sur les plateformes offshore et les protocoles décentralisés. Les perps ont enregistré plus de 630 milliards de dollars de volume sur le dernier mois, selon les données de DefiLlama.
Pourquoi Washington veut rapatrier les perps
Michael Selig, président de la CFTC, présente la décision comme une alternative régulée aux plateformes étrangères. Les investisseurs américains doivent pouvoir accéder à ces produits sous la protection du cadre de la CFTC, a-t-il expliqué dans son communiqué :
Plutôt que d’être contraints de se tourner vers des plateformes offshore, souvent non régulées
a déclaré Michael Selig
Ce feu vert s’inscrit dans une stratégie assumée par l’administration Trump. Plus tôt cette année, la CFTC avait déjà approuvé le premier contrat perpétuel sur bitcoin listé sur une bourse américaine régulée. En août, lors d’une réunion à la Maison-Blanche, Donald Trump avait affirmé que la CFTC travaillait à faire entrer Hyperliquid, plateforme de trading à effet de levier on-chain, sur le territoire américain sous règles fédérales.
Wall Street déjà en embuscade
L’essor des perps on-chain n’a pas échappé aux géants de la finance traditionnelle. Intercontinental Exchange (ICE), maison mère du New York Stock Exchange, a investi dans tradeXYZ, un acteur de cet écosystème.
La décision de la CFTC change l’équation pour ces opérateurs : un produit jusqu’ici cantonné aux plateformes crypto devient légalement accessible sur les marchés américains établis, avec la caution de deux régulateurs fédéraux.
Ce qu’il faut surveiller
Premier indicateur : l’identité des premières bourses à lister des contrats perpétuels sur actions, et les titres retenus. La co-supervision de la SEC fixera aussi les conditions d’accès, notamment sur le niveau de levier autorisé pour les particuliers.
Second front : le sort d’Hyperliquid. Une arrivée encadrée de la plateforme aux États-Unis, évoquée par Donald Trump en août, confirmerait que Washington cherche à capter les volumes aujourd’hui réalisés hors de sa juridiction.
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