Ce qu’il faut retenir :
- Capital B prépare un instrument de crédit adossé au Bitcoin, calqué sur le STRC de Strategy et le SATA de Strive.
- Le produit vise un rendement à deux chiffres avec une volatilité inférieure à 10 %, selon Alexandre Laizet.
- La société française détient 3 139 bitcoins et veut en accumuler 15 000 d’ici fin 2027.
Capital B prépare le lancement d’un instrument de crédit adossé au Bitcoin pour le marché européen. L’information vient d’Alexandre Laizet, administrateur en charge de la stratégie Bitcoin de la société, interrogé par The Block en marge de la conférence BTC Prague. Le produit serait calqué sur deux références américaines : le STRC de Strategy et le SATA de Strive.
Cotée sur Euronext Growth Paris sous le ticker ALCPB, Capital B se présente comme le premier et le plus grand trésor Bitcoin d’Europe. Elle détient aujourd’hui 3 139 bitcoins et compte parmi ses soutiens Adam Back, le cryptographe à l’origine de la preuve de travail, ainsi que le fonds Fulgur Ventures.
Qu’est-ce qu’un instrument de crédit adossé au Bitcoin ?
Notre rôle, notre responsabilité, est d’apporter une solution à une Europe paralysée par une fiscalité élevée, des problèmes de sécurité et des réglementations obsolètes et inadaptées à l’ère numérique.
Un instrument de crédit numérique, c’est-à-dire un titre de dette dont le rendement repose sur un actif sous-jacent, ici le bitcoin. Le STRC de Strategy et le SATA de Strive en sont les deux modèles : des produits qui versent un rendement régulier aux investisseurs, alimenté par l’appréciation d’une trésorerie en bitcoins.
Capital B vise un rendement à deux chiffres assorti d’une volatilité inférieure à 10 %, en s’appuyant sur ses propres réserves de bitcoins. Pour Laizet, l’Europe a besoin de ce type d’outil : « Notre obsession, c’est un instrument de crédit numérique adapté à l’Europe », un continent qu’il décrit comme pénalisé par une fiscalité lourde et des réglementations dépassées pour l’ère numérique. Il dit avoir vu l’intérêt des investisseurs pour le crédit numérique être multiplié par dix en un an.
Pourquoi Capital B juge ces rendements tenables
L’argument de Laizet repose sur la croissance du bitcoin. Promettre un rendement à deux chiffres dans la finance traditionnelle obligerait à garantir quarante à cinquante ans de flux de trésorerie équivalents. Selon lui, une société de trésorerie Bitcoin possède déjà ces flux à son bilan, via un actif qui progresse de 30 à 60 % par an.
Il cite Strategy en exemple : l’entreprise de Michael Saylor a récemment vendu 32 bitcoins pour payer les dividendes de son STRC, avant d’en racheter 1 587 peu après. L’appréciation du sous-jacent suffit, selon ce raisonnement, à entretenir le versement des rendements.
Quels sont les risques ?
Laizet ne masque pas les zones de danger : dévaluation du bitcoin, risque de contrepartie, risque d’exécution et de conservation des actifs. Il assure travailler uniquement avec des banques régulées et s’appuyer sur une équipe d’experts des marchés de capitaux et de la finance d’entreprise. Il estime par ailleurs que la probabilité de voir le bitcoin tomber à zéro est quasi inexistante. Le dirigeant n’a pas communiqué de calendrier pour le lancement de l’instrument.
Et maintenant ?
Le prochain rendez-vous tombe le 17 juin, avec l’assemblée générale de Capital B. Les actionnaires y voteront une délégation autorisant jusqu’à 5 milliards d’euros d’augmentation de capital et 100 milliards d’euros d’instruments de crédit, de quoi poser la base légale du futur produit.
À plus long terme, la société vise 15 000 bitcoins d’ici fin 2027 et 1 % de l’offre totale de bitcoins d’ici 2033. Reste à voir si un instrument pensé pour les marchés américains trouvera preneur dans un environnement réglementaire européen que Capital B juge lui-même inadapté.
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