G7 : les grandes économies vont simuler des cyberattaques dopées à l’IA contre les banques

Les ministres des Finances du G7 vont organiser des exercices simulant des cyberattaques dopées à l’IA contre les banques, face aux alertes du FMI.
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Ce qu’il faut retenir :

  • Les ministres des Finances du G7 ont convenu d’organiser des exercices simulant une cyberattaque menée avec l’IA.
  • Le FMI classe la cybercriminalité dopée à l’IA parmi les trois plus grandes menaces pour la stabilité financière.
  • En 2026, plus de 70 % des failles ont été exploitées avant ou le jour même de leur divulgation.

Le G7 se prépare au pire. Les ministres des Finances des sept grandes économies ont convenu cette semaine à Bangkok d’organiser des exercices de simulation face à une cyberattaque majeure contre le secteur financier, alors que les modèles d’IA de pointe inquiètent de plus en plus les régulateurs, selon le Financial Times.

Satsuki Katayama, ministre japonaise des Finances, a confirmé l’accord. Les adjoints des ministres du G7 discutaient déjà de ces exercices sur l’IA de pointe, a-t-elle précisé. Les échanges se sont tenus en marge de l’assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) en Thaïlande.

À quoi ressembleront les exercices de crise du G7 ?

Le G7 prévoit des exercices « sur table » (tabletop exercises), des simulations où les autorités jouent un scénario de crise pour tester leurs réactions. Selon un responsable présent à la réunion, plusieurs autorités financières du G7 concevront leurs propres scénarios, et des banques commerciales pourraient y participer.

L’objectif : éprouver les « manuels d’urgence » dont disposent les gouvernements en cas de cyberattaque majeure, et en repérer les failles. Une source proche des discussions compare l’exercice à un simulateur de vol où l’on teste la réaction des pilotes face à une catastrophe. Les scénarios pourraient inclure une attaque amplifiée par l’IA, ou viser les infrastructures liées à l’IA elles-mêmes.

Pourquoi l’IA inquiète les autorités financières

Nous sommes tous face à la même « boîte noire ». Nous en voyons les risques, mais comment y faire face ?

Si seuls quelques pays possèdent cette technologie, mais que le monde entier peut en être victime, la coopération internationale revêt une importance capitale. C’est là que réside le malaise.

Les signaux d’alerte se multiplient. Le président sud-coréen a récemment évoqué des signes d’utilisation de modèles d’IA dans des attaques contre des banques. La Financial Conduct Authority (FCA), le régulateur financier britannique, a averti que les modèles de pointe découvraient des failles de sécurité plus vite que les institutions financières ne pouvaient les corriger.

Eelco Heinen, ministre néerlandais des Finances, résume le malaise : « Nous fixons tous la même boîte noire. » Si quelques pays seulement possèdent la technologie mais que le monde entier peut en être victime, la coopération internationale devient essentielle, estime-t-il.

Dans les couloirs de Bangkok, responsables publics et banquiers confient en privé leur crainte que les systèmes financiers ne soient pas prêts. Le responsable des risques d’une banque du Moyen-Orient reconnaît que le secteur se concentre sur les inconnues de l’IA, et que celles-ci font peur, même si les banquiers restent prudents dans leurs déclarations publiques.

Le FMI alerte sur un risque systémique

Le FMI place la cybercriminalité dopée à l’IA parmi les trois plus grandes menaces pour la stabilité financière. Dans son rapport sur la stabilité financière mondiale, publié mardi, l’institution prévient que les modèles d’IA deviennent de puissants catalyseurs de cyberattaques, susceptibles de créer un risque systémique. Selon le rapport, « de graves cyberincidents pourraient saper la confiance des marchés » et perturber les infrastructures critiques.

Pour Caio Ferreira, chef adjoint de la division d’analyse des marchés mondiaux du FMI, la menace s’aggrave. La numérisation élargit la « surface d’attaque » des pirates. La dépendance croissante des marchés à des prestataires tiers crée des cibles concentrées, dont la mise hors service aurait des effets en chaîne. Le risque vient autant des cybercriminels que des États. Même sans pertes financières, une interruption prolongée de services critiques pourrait provoquer une perte de confiance qui constituerait à elle seule un événement systémique, selon lui.

Le FMI pointe un chiffre frappant : le délai entre la divulgation d’une faille et son exploitation fond. En 2026, plus de 70 % des failles ont été exploitées avant ou le jour même de leur divulgation, soit 20 points de plus qu’en 2025, contre environ 20 % en 2018. Comme nous l’évoquions mardi, Anthropic a lui-même averti que des agents d’IA pourraient bientôt se propager seuls d’un appareil à l’autre.

Ce qu’il faut surveiller

Le calendrier des premiers exercices du G7 reste à fixer. À Bangkok, le Conseil de stabilité financière (FSB) a aussi discuté avec les ministres de la gestion des risques systémiques de l’IA. Son président, Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d’Angleterre, affirme que les régulateurs ont accéléré leurs travaux. Il réclame davantage de tests des modèles d’IA et des normes de sécurité plus élevées, deux chantiers qui pourraient peser sur les laboratoires d’IA comme sur les banques.

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