La fondation a classé 62 propositions techniques pour la prochaine mise à jour du réseau.
Deux d’entre elles sont jugées indispensables, sur la résistance à la censure et l’abstraction de compte.
L’échéance de décembre 2029 est présentée comme non négociable jusqu’en janvier 2027.
L’équipe protocole de l’Ethereum Foundation a publié un classement de 62 propositions d’amélioration pour la mise à jour Hegotá, et fixé décembre 2029 comme date cible pour la résistance quantique du réseau. Cette échéance concerne les trois couches du protocole : exécution, consensus et données.
Livrer les deux têtes d’affiche sans incident, et tester leur interaction, constitue l’engagement d’ingénierie central de cette mise à jour.
The Protocol Cluster has published two new posts:
Hegotá EIP Opinion Post and Tier List evaluates and grades all 62 EIPs proposed for Hegotá, providing the cluster’s first unified tier list for a network upgrade
Deux textes se voient attribuer le rang le plus élevé, celui des éléments qui définissent la mise à jour et autour desquels le calendrier s’ajuste.
Sur la couche de consensus, FOCIL vise la résistance à la censure. Le mécanisme permet à un comité de validateurs d’imposer l’inclusion de transactions valides présentes dans la file d’attente publique, afin qu’un constructeur de blocs dominant ne puisse pas les écarter à sa guise.
Sur la couche d’exécution, les Frame Transactions intègrent l’abstraction de compte au cœur du protocole. Le principe consiste à découper une transaction en segments programmables, dédiés respectivement à la validation, au paiement des frais et à l’exécution.
L’intérêt pratique se mesure côté portefeuilles. Ceux-ci pourront employer des signatures personnalisées, faire prendre en charge les frais par un tiers ou regrouper plusieurs actions, sans dépendre d’opérateurs extérieurs au réseau. C’est aussi cette souplesse sur les signatures qui prépare le terrain à la transition post-quantique.
Le reste du classement
Trois propositions figurent au rang immédiatement inférieur et seront embarquées avec les deux précédentes, sauf contrainte de calendrier. L’une accompagne FOCIL, les deux autres complètent les Frame Transactions.
Les rangs suivants seront examinés au cas par cas, jamais en bloc. Vingt-huit propositions ont été écartées de cette mise à jour.
Ce qu’est le risque quantique
L’objectif affiché de la fondation demande une explication.
La sécurité d’Ethereum repose sur des signatures cryptographiques qu’un ordinateur classique ne peut pas casser dans un temps utile. Un ordinateur quantique suffisamment puissant le pourrait, ce qui exposerait les fonds de tout détenteur dont la clé publique est connue.
Le jour où cette capacité devient opérationnelle porte un nom dans le secteur : le jour Q. Personne ne sait quand il surviendra.
“Son calendrier échappe au contrôle de quiconque, ce qui est précisément pourquoi nous avons fixé une cible plutôt que d’attendre la certitude”, explique l’équipe protocole. Le réseau doit selon elle se préparer à l’hypothèse d’un jour Q dès 2030.
Cette date est assumée comme volontairement pessimiste, la plupart des estimations crédibles la situant plus tard. L’échéance interne de 2029 sera traitée comme non négociable au moins jusqu’en janvier 2027, moment où l’avancement du calcul quantique sera réévalué avec des experts extérieurs.
Le calendrier retenu s’aligne sur les objectifs de migration publiés par Google, Cloudflare et Microsoft.
Un calendrier qui laisse peu de marge
Hegotá n’est pas la mise à jour post-quantique. C’est celle qui déterminera si les suivantes tiendront leurs délais.
La feuille de route prévoit un premier jalon post-quantique minimal sur une mise à jour ultérieure, la résistance complète intervenant deux étapes plus loin.
L’arithmétique est serrée. Atteindre décembre 2029 à partir de la livraison de Glamsterdam au quatrième trimestre 2026 suppose une cadence moyenne de 7,2 mois par mise à jour.
La méthode retenue consiste à faire se chevaucher les chantiers. Hegotá sera déployée pendant que les spécifications de la suivante mûriront, et la recherche sur les étapes ultérieures doit progresser en parallèle.
La préparation post-quantique constitue l’un des cinq axes de recherche pluriannuels du protocole, aux côtés de la finalité rapide, de la confidentialité, de la gestion de l’état et du zkEVM.
Et maintenant ?
Deux échéances rythment ce dossier. La livraison de Glamsterdam d’ici la fin de l’année, puis le rendez-vous de janvier 2027 pour réévaluer l’horizon quantique avec des spécialistes extérieurs.
L’argument avancé par la fondation dépasse la technique. Livrer cette préparation tôt constitue selon elle le choix sûr et responsable, et le signal le plus clair qu’Ethereum entend exister dans cinquante, cent et mille ans.
Cette formulation dit surtout ce que le réseau cherche à démontrer. Un protocole qui héberge des actifs institutionnels et des titres tokenisés doit convaincre que sa sécurité tiendra au-delà de l’horizon de ses utilisateurs actuels, y compris face à une menace dont personne ne connaît la date d’arrivée.