Ce qu’il faut retenir :
- Bernstein voit dans la Coupe du monde 2026 le plus gros catalyseur de l’histoire des marchés prédictifs.
- Le cabinet table sur plus de 3 milliards de dollars de mises supplémentaires et 5 à 10 milliards de volumes en plus.
- DraftKings, Robinhood et Coinbase figurent parmi les grands gagnants attendus du tournoi.
La Coupe du monde 2026, qui débute aujourd’hui en Amérique du Nord, pourrait marquer un tournant pour les marchés prédictifs. Selon les analystes de Bernstein, l’événement constitue le plus puissant catalyseur de volumes que le secteur ait jamais connu, avec plus de 3 milliards de dollars de mises supplémentaires et un surcroît de volumes estimé entre 5 et 10 milliards pour l’ensemble de la filière.
Le plus gros catalyseur de l’histoire du secteur
Les marchés prédictifs sont des plateformes où les utilisateurs échangent des contrats liés à l’issue d’événements réels, des élections aux résultats sportifs, le prix du contrat reflétant la probabilité estimée d’un résultat. Après une année 2024 révélée par l’élection présidentielle américaine, le secteur pourrait ici prouver qu’il s’est durablement émancipé des seuls cycles électoraux.
Le tournoi, élargi à 48 équipes, génère 104 matchs, soit environ 60 % d’inventaire en plus qu’une Coupe du monde classique, et tombe en juin-juillet, traditionnellement la période la plus calme pour les paris sportifs en ligne. Bernstein voit ces plateformes comme complémentaires des bookmakers traditionnels, et non comme une menace, résumant sa thèse par la formule « TikTok, pas Napster ».
DraftKings, Robinhood et Coinbase en embuscade
Le cabinet désigne DraftKings comme le grand gagnant, son produit prédictif étant le seul de nature sportive autorisé en Californie, au Texas et en Floride, des États concentrant plus de la moitié de la population hispanique américaine. Avec un partenariat média avec Telemundo, il pourrait ouvrir quelque 650 000 nouveaux comptes financés pendant le seul Mondial.
Robinhood, de son côté, profite du coup d’envoi pour lancer Rothera, sa propre plateforme d’échange agréée par la CFTC, opérée avec Susquehanna ; Bernstein y voit le premier moteur de revenus additionnels du courtier en 2026, son activité prédictive devant passer d’un rythme annualisé de 415 millions à environ 586 millions de dollars d’ici la fin de l’année.
Coinbase a progressé plus vite encore, franchissant les 100 millions de dollars de revenus annualisés en mars, deux mois après son lancement, via son partenariat avec Kalshi. L’atout décisif, selon le cabinet, reste la distribution : les 13 millions d’utilisateurs actifs mensuels de Robinhood et les 9 millions de Coinbase absorberont les volumes du Mondial bien mieux que des plateformes spécialisées.
Kalshi écrase, Polymarket décroche
Le secteur a traité environ 31,2 milliards de dollars en mai, en hausse de 5 % sur un mois. Kalshi a consolidé sa domination, en progression de 21 % à 17,9 milliards, portant sa part de marché à près de 57 %, tandis que Polymarket reculait de 14,8 % à 7,1 milliards. Comme nous l’évoquions, Kalshi multiplie les mesures pour asseoir sa crédibilité, là où Polymarket a essuyé plusieurs controverses. Bernstein anticipe une explosion des volumes du secteur, de 240 milliards de dollars en 2026 à quelque 1 000 milliards d’ici 2030.
Et maintenant ?
Le Mondial sera le premier test à l’échelle mondiale de cette thèse. Pour Bernstein, le sport n’est qu’une porte d’entrée, pas une finalité : ces plateformes évoluent vers de véritables places d’information sur l’avenir. L’enjeu des prochains mois sera de voir qui, des acteurs crypto-natifs comme Coinbase et Kalshi ou des fintechs comme Robinhood et DraftKings, captera le plus cette croissance, et si la fiabilité du secteur tiendra le choc d’une telle montée en charge.
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