Ce qu’il faut retenir :
- Google Research divise par 20 les ressources quantiques nécessaires pour casser Bitcoin, rendant les attaques possibles en quelques minutes.
- L’entreprise fixe 2029 comme objectif pour une migration complète vers la cryptographie post-quantique à travers l’industrie.
- Les nouvelles estimations permettent des attaques en temps réel sur les transactions Bitcoin actives dans les 10 minutes du temps de bloc.
Un calendrier serré pour l’industrie crypto
Google Research prépare activement l’industrie technologique à la transition vers la cryptographie post-quantique avec un objectif fixé à 2029. Cette échéance, annoncée début mars, concerne l’ensemble des secteurs utilisant les standards cryptographiques actuels, des cryptomonnaies aux systèmes de défense nationale.
L’entreprise travaille depuis 2016 sur cette préparation aux côtés d’autres acteurs industriels. La marge d’erreur devient “de plus en plus étroite” selon les équipes de recherche, qui appellent toutes les communautés crypto vulnérables à migrer “sans délai” vers la cryptographie post-quantique.
Des ressources quantiques divisées par 20
Les nouvelles estimations de Google Research réduisent drastiquement les ressources nécessaires pour casser le problème de logarithme discret sur courbe elliptique 256 bits (ECDLP-256), base de sécurité de la plupart des blockchains et cryptomonnaies.
L’équipe a compilé deux circuits quantiques optimisés : l’un avec 1 200 qubits logiques et 90 millions de portes Toffoli, l’autre avec 1 450 qubits logiques et 70 millions de portes Toffoli. Ces circuits peuvent désormais fonctionner sur un ordinateur quantique supraconducteur avec moins de 500 000 qubits physiques en quelques minutes seulement.
Attaques en temps réel sur Bitcoin
La réduction du temps d’exécution permet aux ordinateurs quantiques de mener des attaques en temps réel dans les 10 minutes du temps de bloc moyen de Bitcoin. Ces “attaques on-spend” ciblent les transactions actives encore présentes dans la mempool, avant leur validation définitive.
Cette capacité transforme la menace quantique : elle ne concerne plus seulement les clés dormantes mais place “les transactions actives en risque immédiat” selon le livre blanc de Google Research. Les attaques pourraient intercepter et compromettre des fonds en cours de transfert.
Ce qu’il faut surveiller
L’évolution des capacités quantiques de Google et d’IBM dans les prochaines années constituera le principal indicateur d’urgence. La barre des 500 000 qubits physiques représente le seuil critique à surveiller pour déclencher les migrations d’urgence.
Les premières implémentations de cryptographie post-quantique sur Bitcoin et Ethereum devraient apparaître avant 2027 pour respecter la fenêtre de sécurité. Les protocoles DeFi et les exchanges centralisés devront coordonner leurs migrations pour éviter les vulnérabilités transitoires.
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