Ce qu’il faut retenir :
- La Prudential Regulation Authority a levé les restrictions sur la licence bancaire de Revolut au Royaume-Uni.
- Les 13 millions de clients britanniques pourront ouvrir des comptes protégés par le FSCS jusqu’à 85 000 livres sterling.
- Les services crypto de Revolut restent dans une entité séparée, non couverte par cette garantie des dépôts.
Revolut est officiellement une banque au Royaume-Uni. La Prudential Regulation Authority (PRA) a levé ce mercredi les restrictions pesant sur la licence bancaire de la néobanque, permettant à Revolut Bank UK Ltd de commencer à opérer. Après des années de bataille réglementaire, la fintech fondée à Londres rejoint enfin le cercle des établissements bancaires à part entière sur son marché domestique.
Ce que change concrètement le statut bancaire
L’enjeu principal est la protection des dépôts. Les clients britanniques pourront désormais ouvrir des comptes couverts par le Financial Services Compensation Scheme (FSCS), le mécanisme de garantie des dépôts du Royaume-Uni, qui protège jusqu’à 85 000 livres sterling (environ 114 000 dollars) par client en cas de défaillance de l’établissement. Une garantie que Revolut ne pouvait pas offrir jusqu’ici, contrairement aux banques traditionnelles.
Le déploiement sera progressif. La société commencera dans les prochains jours à proposer des comptes courants à un groupe restreint de clients, avant d’élargir l’accès sur plusieurs semaines. Les utilisateurs existants ne verront aucun changement immédiat, une migration par phases étant prévue sur quelques mois.
Un point à ne pas confondre : les services de trading crypto de Revolut continuent de fonctionner via une entité distincte, au sein de la même application, et ne sont pas couverts par le FSCS.
“Le moment où Revolut devient un concurrent bancaire à part entière”
Le PDG et co-fondateur Nik Storonsky a qualifié le lancement de “priorité stratégique de long terme” et de “moment significatif” pour une entreprise dont le Royaume-Uni reste le premier marché mondial.
La directrice générale britannique Francesca Carlesi a précisé les ambitions à venir :
Cette licence pose les fondations de notre prochain chapitre : l’élargissement vers une gamme plus large de produits, dont le crédit.
Du côté des analystes, le ton est celui d’un tournant structurel. “C’est le moment où Revolut passe vraiment du statut de disrupteur fintech à grande échelle à celui de concurrent bancaire traditionnel à part entière”, a déclaré Elliot Reader, directeur au sein du groupe fintech de Houlihan Lokey. Il souligne que la licence complète “ouvre la porte aux produits adossés au bilan et accentue la pression sur les banques traditionnelles comme sur les néobanques concurrentes”.
Une expansion mondiale en parallèle
Le lancement britannique s’inscrit dans une séquence d’ambitions globales affichées par Revolut. La société a récemment annoncé un engagement d’investissement de 3 milliards de livres sterling au Royaume-Uni, assorti de la création de 1 000 emplois qualifiés. À l’échelle mondiale, le groupe vise 10 milliards de livres d’investissement et 10 000 recrutements dans 30 nouveaux marchés d’ici 2030.
Aux États-Unis, Revolut a déposé ce mois-ci une demande de charte bancaire “de novo” auprès de l’Office of the Comptroller of the Currency et de la Federal Deposit Insurance Corporation, après avoir abandonné un projet de rachat d’une banque américaine existante.
Sur le front réglementaire crypto, la Financial Conduct Authority a sélectionné Revolut pour participer à un sandbox réglementaire dédié aux stablecoins adossés à des monnaies fiduciaires, dans le cadre de la construction du cadre britannique pour les paiements en actifs numériques.
Ce qu’il faut surveiller
La prochaine étape à observer est l’obtention d’une licence bancaire aux États-Unis, marché où Revolut reste pour l’instant sans ancrage réglementaire solide.
En parallèle, le lancement effectif des produits de crédit au Royaume-Uni dira si la société peut concurrencer les banques établies sur leur terrain le plus rentable, et pas seulement sur les frais de change et les cartes prépayées.
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