Les blockchains EVM sont inutiles ? Après les L2, Vitalik s’attaque aux Layer 1 ‘copiés-collés’

Vitalik Buterin critique les blockchains EVM génériques et recentre la vision d’Ethereum sur un Layer 1 plus puissant entouré de solutions spécialisées et différenciées.
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  1. Vitalik Buterin qualifie la prolifération des blockchains EVM et des Layer 1 génériques de voie sans issue, estimant qu’Ethereum peut désormais absorber davantage de demande au niveau du Layer 1.
  2. Le modèle rollup-centric est remis en question car les Layer 2 se décentralisent lentement tandis qu’Ethereum progresse plus vite que prévu en capacité et en coûts.
  3. Vitalik appelle les développeurs à privilégier des chaînes spécialisées, justifiées par des compromis techniques clairs plutôt que par de simples clones EVM.

Vitalik Buterin durcit le ton. Le cofondateur d’Ethereum estime que l’écosystème s’est engagé dans une impasse en multipliant les blockchains de type EVM sans réelle différenciation technique. Dans un message publié cette semaine, il a qualifié cette prolifération de « dead end », affirmant que l’ère des nouvelles Layer 1 génériques et des rollups passe-partout touche à sa fin.

Le message est clair : Ethereum est désormais capable d’absorber une part croissante de la demande directement au niveau de sa couche de base. Et à mesure que le Layer 1 gagne en capacité, l’argument central justifiant l’explosion des chaînes EVM alternatives s’affaiblit.

Nous n’avons absolument pas besoin de plus de chaînes EVM copiées-collées, et nous n’avons certainement pas besoin de plus de Layer 1. La L1 est en cours de scaling et va apporter beaucoup d’espace de bloc EVM.

Vitalik

Le recul sur le modèle « rollup-centric »

Cette prise de position s’inscrit dans la continuité d’un réexamen plus large de la feuille de route d’Ethereum. Vitalik Buterin reconnaît désormais que le modèle dit « rollup-centric », longtemps présenté comme la solution principale pour faire passer Ethereum à l’échelle, « ne fait plus vraiment sens » dans sa forme initiale.

La raison est double. D’une part, la décentralisation des Layer 2 progresse beaucoup plus lentement que prévu. D’autre part, Ethereum lui-même évolue plus vite qu’anticipé, avec des frais durablement bas et des augmentations significatives des limites de gas attendues en 2026. Résultat : la promesse selon laquelle les Layer 2 seraient les véritables moteurs du passage à l’échelle apparaît de moins en moins évidente.

Dans ce contexte, lancer une nouvelle chaîne EVM qui reproduit quasi à l’identique l’environnement d’exécution d’Ethereum n’apporte, selon Buterin, aucune valeur structurelle.

Moins d’infrastructure générique, plus de spécialisation

Le message adressé aux développeurs est un appel à la différenciation. Plutôt que d’empiler des infrastructures interchangeables, Vitalik encourage la création de systèmes spécialisés, capables d’offrir des propriétés que le Layer 1 n’a pas vocation à maximiser.

Il cite notamment les architectures orientées confidentialité, les chaînes optimisées pour des applications spécifiques, les systèmes à latence ultra-faible ou encore les modèles mettant l’accent sur la transparence algorithmique. L’idée centrale est que chaque nouvelle couche ou chaîne doit justifier son existence par des compromis techniques clairs, et non par un simple habillage marketing autour de l’EVM.

Une vision plus nuancée des Layer 2

Pour autant, Vitalik ne signe pas l’arrêt de mort des Layer 2. Il propose plutôt de les considérer comme un spectre, allant de solutions profondément intégrées à Ethereum à des systèmes beaucoup plus autonomes.

Il distingue notamment deux catégories. La première regroupe des architectures où les comptes, les marchés et les garanties fondamentales restent ancrés sur Ethereum, tandis que l’exécution est déportée. Ces systèmes peuvent légitimement se présenter comme des applications Ethereum à part entière.

La seconde catégorie concerne ce qu’il appelle des « Layer 2 institutionnels ». Il s’agit de systèmes où des entités comme des registres publics ou des plateformes centralisées publient des preuves vérifiables de leurs opérations sur une blockchain. Ces modèles ne sont ni neutres ni totalement trustless, mais peuvent offrir un degré inédit de transparence et ouvrir de nouveaux usages économiques.

Un recentrage stratégique pour l’écosystème

En filigrane, Vitalik Buterin cherche à recentrer le discours. La valeur d’Ethereum ne réside pas dans la multiplication de clones, mais dans la création d’un socle crédible, extensible et neutre, autour duquel gravitent des systèmes spécialisés assumant clairement leurs compromis.

Pour les builders, le message est exigeant. À mesure que le Layer 1 monte en puissance, la tolérance pour les projets sans proposition technique forte se réduit. La prochaine phase de l’écosystème ne se jouera pas sur le nombre de chaînes lancées, mais sur la qualité des problèmes réellement résolus.

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