Boundless (ZKC) – La marketplace pour le calcul Zero-Knowledge

analyse boundless

Depuis quelques années, les zero-knowledge proofs (ou preuves à divulgation nulle de connaissance) sont en train de passer du statut d’innovation cryptographique de niche à celui de technologie fondamentale pour le Web3.

Conçues initialement pour la confidentialité et la sécurité, elles s’imposent désormais comme un outil clé pour améliorer la scalabilité, renforcer la transparence et créer de la confiance dans les systèmes distribués.

Mais leur utilité dépasse déjà largement la blockchain. Dans un monde où l’intelligence artificielle génère des contenus à grande échelle et où la désinformation circule plus vite que jamais, la capacité à fournir des preuves vérifiables et infalsifiables devient un enjeu global.

C’est dans ce contexte que s’inscrit Boundless, un projet porté par l’équipe de RISC Zero, déjà connue pour avoir développé l’une des premières machines virtuelles zero-knowledge généralistes, la zkVM.

Avec Boundless, l’ambition est de créer un marché mondial, ouvert et décentralisé, où la puissance de calcul nécessaire à la génération de preuves ZK peut s’acheter et se vendre comme n’importe quelle autre ressource.

Contexte : pourquoi Boundless ?

Sur une blockchain traditionnelle, chaque nœud doit re-jouer l’intégralité des transactions pour s’assurer de leur validité.

Ce mécanisme, appelé re-exécution, garantit l’intégrité des données mais limite la quantité de calcul qu’une chaîne peut traiter.

Les blockchains doivent donc arbitrer : seules les opérations les plus rentables peuvent justifier leur coût en gas, ce qui exclut de nombreux cas d’usage.

Les preuves zero-knowledge changent cette donne. Elles permettent de prouver qu’un calcul a été effectué correctement, sans avoir à le reproduire.

En théorie, il devient possible d’exécuter une tâche coûteuse hors-chaîne et de soumettre à la blockchain une preuve compacte et rapide à vérifier.

Le goulot d’étranglement de la re-exécution disparaît, ouvrant la voie à un traitement plus efficace.

Pourtant, malgré leur potentiel, les ZK proofs restent difficiles à intégrer.

Les équipes qui veulent les utiliser doivent souvent construire elles-mêmes l’infrastructure nécessaire (pipeline de génération, coordination des provers, gestion des incitations, sécurisation des paiements…), ce qui freine l’adoption.

Boundless part du constat qu’il est désormais nécessaire d’industrialiser et de standardiser l’accès au calcul vérifiable, de la même manière que le cloud computing a transformé l’accès à la puissance de calcul classique.

Là où Amazon Web Services a transformé les serveurs physiques en ressources à la demande, Boundless veut faire du calcul ZK une ressource disponible en libre-service.

« Financiariser » le calcul vérifiable

Le cœur de l’idée derrière Boundless est que la puissance de calcul ZK peut être considérée comme une marchandise, au même titre que l’électricité ou la capacité de stockage.

Il est désormais possible de générer des preuves sur du matériel grand public, comme un PC de gaming ou un MacBook Pro, avec des logiciels open-source.

Les barrières à l’entrée sont donc faibles.

Le rôle de Boundless est d’organiser cette ressource dans un marché où les prix se forment librement, et où l’offre et la demande s’équilibrent en temps réel.

Pour rendre ce marché possible, Boundless introduit un mécanisme clé : le Proof of Verifiable Work (PoVW).

Chaque preuve contient un compteur intégré dans la zkVM qui enregistre, de façon impossible à falsifier, le nombre exact d’opérations effectuées, ce qui permet de mesurer précisément le travail réalisé.

Cette mesure est essentielle : sans elle, impossible de rémunérer équitablement les provers ou de créer des incitations alignées.

Avec le PoVW, Boundless peut non seulement régler les paiements en fonction du travail effectué, mais aussi distribuer des récompenses natives en token à ceux qui contribuent le plus.

Le marché spot de Boundless

La place de marché de Boundless repose sur un système d’enchères hollandaises inversées.

Prenons un exemple concret :

Alice a besoin d’une preuve ZK pour une application on-chain, mais ne veut pas la générer elle-même.

Elle publie une demande sur le marché Boundless, en précisant le type de preuve, la deadline, une fonction de prix (qui peut être constante ou croissante dans le temps), et éventuellement un montant de tokens $ZKC que les provers devront bloquer pour obtenir l’exclusivité.

Le prix commence bas, puis augmente progressivement tant que personne n’a accepté la requête.

Un prover peut choisir de « locker » la demande (en déposant un stake qui sera perdu en cas d’échec), ou de simplement tenter de livrer la preuve plus vite que les autres.

Si le prover qui a locké échoue, son stake est confisqué et peut financer une nouvelle tentative, appelée retry, qui se déroule sans verrouillage.

Ce modèle présente plusieurs avantages. Il assure une grande flexibilité : un utilisateur peut choisir une stratégie orientée vers le coût (prix bas, délais plus longs) ou orientée vers la rapidité (prix haut, exécution immédiate).

De plus, le marché est entièrement permissionless : n’importe qui, du particulier avec un GPU à un data center industriel, peut entrer et concurrencer les acteurs en place.

Les contrats de service vérifiables

Au-delà du marché spot, Boundless propose un second mécanisme : les Verifiable Service Agreements (VSA).

Il s’agit de contrats intelligents qui engagent un prover à fournir un certain volume de preuves à un prix prédéfini et sur une période donnée.

Pour un utilisateur final, cela permet de se protéger contre la volatilité des prix. Pour un protocole, c’est un moyen de garantir de la capacité à long terme.

Imaginons qu’Alice sait qu’elle aura besoin de 100 preuves au cours de l’année.

Elle peut conclure un VSA avec un prover, en payant un petit montant en avance pour s’assurer que chaque preuve lui coûtera un prix fixe, quelle que soit la situation du marché spot.

De son côté, un protocole qui dépend fortement du calcul ZK peut agréger plusieurs contrats de service auprès de différents provers pour éviter tout point de défaillance unique.

S’il s’avère que la capacité totale achetée dépasse ses besoins, il peut revendre l’excédent à d’autres utilisateurs.

Tokenomics de Boundless

Le fonctionnement économique de Boundless tourne autour de son token, le $ZKC.
Ce token sert notamment à payer et récompenser ceux qui génèrent les preuves (les provers).

Pour calculer la récompense, le protocole prend en compte deux choses pour chaque prover, sur une période donnée (appelée epoch) :

  1. La part de cycles qu’il a effectués, c’est-à-dire la proportion de travail pur qu’il a fourni par rapport aux autres.
  2. La part de frais qu’il a rapportés au marché, en valeur (ETH ou autre).

La récompense en $ZKC est basée sur le plus petit de ces deux pourcentages.
Par exemple :

  • Si un prover a fait 30 % du travail mais seulement 20 % des revenus, il touchera 20 %.
  • Si un autre a fait 50 % des revenus mais seulement 40 % du travail, il touchera 40 %.

Cette règle pousse les provers à travailler beaucoup et à traiter des requêtes bien rémunérées.

Et si le total des récompenses distribuées est inférieur à 100 % de ce qui était prévu, le reste est brûlé (détruit), ce qui réduit l’offre de $ZKC et exerce une pression déflationniste sur le token.

Ensuite, le $ZKC permet aux détenteurs de participer à la redistribution des frais collectés par le marché via un mécanisme de Vault.

Tant que les tokens restent verrouillés, ils génèrent des points.

Ces points peuvent ensuite être brûlés pour récupérer une part des frais du marché :

  • Si vous brûlez 5 % des points existants, vous recevez 5 % des frais présents dans le pool.
  • En brûlant des points, vous pouvez aussi débloquer une partie des tokens que vous aviez verrouillés.

Les tokens placés dans le Vault ne servent pas uniquement à toucher des frais :
ils peuvent aussi être utilisés comme stake pour sécuriser une demande dans le marché spot ou pour garantir un contrat de service.

Pour finir, le token sert à la gouvernance. Elle contrôle des paramètres essentiels comme le taux de mint, la fréquence des récompenses, ou les frais prélevés sur chaque transaction.

Un système pensé pour l’échelle

Boundless a été pensé dès le départ pour fonctionner sur plusieurs blockchains.
Chaque chaîne compatible dispose de son propre marché, de son propre Vault et d’un pool de frais distinct.

Les provers peuvent participer simultanément à l’ensemble de ces marchés, ce qui accroît la liquidité en puissance de calcul et limite les risques de saturation.
De plus, la scalabilité est linéaire : si l’on double les ressources matérielles, on double aussi la capacité totale du réseau.

Associée à des barrières d’entrée faibles, cette caractéristique permet au réseau de s’adapter rapidement à une hausse de la demande.

Conclusion

Boundless vise à rendre le calcul zero-knowledge accessible à tous et à en permettre une exploitation à grande échelle.

Là où des projets comme Succinct se concentrent sur la construction d’une pile technique intégrée autour d’une zkVM spécifique, Boundless se positionne comme un marché universel, agnostique aux applications, où la puissance de calcul vérifiable devient une ressource négociable.

En combinant un marché spot flexible, des contrats de service modulables, un système de mesure du travail infalsifiable et une tokenomics incitative, Boundless transforme le calcul ZK en un actif économique à part entière.

Si le modèle tient ses promesses dans un contexte de charge réelle, il pourrait devenir l’infrastructure de référence pour l’économie du calcul vérifiable.

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