Ce qu’il faut retenir :
- Seulement 28% des projets d’IA en infrastructure informatique génèrent un retour sur investissement complet selon Gartner.
- 20% des projets d’IA échouent totalement, principalement à cause d’attentes irréalistes et d’un manque de compétences.
- Les family offices contournent de plus en plus les fonds de capital-risque pour investir directement dans les startups d’IA.
Les projets d’IA peinent à tenir leurs promesses économiques
Une enquête Gartner menée auprès de 782 responsables d’infrastructure informatique révèle que seulement 28% des projets d’IA appliqués aux opérations IT génèrent un retour sur investissement complet. Plus inquiétant, 20% des initiatives échouent totalement, selon cette étude conduite en novembre et décembre 2025.
Les échecs se concentrent principalement sur l’auto-réparation d’infrastructure, la gestion automatisée des flux de travail et les systèmes de correction automatique. Melanie Freeze, directrice de recherche chez Gartner, pointe des “attentes irréalistes” : les entreprises supposent que l’IA automatisera immédiatement des tâches complexes ou résoudra des problèmes opérationnels persistants.
Pour garantir le succès, les responsables I&O doivent intégrer l’IA aux activités de l’entreprise lors de la mise en œuvre, et pas seulement lors de la planification
Des obstacles persistants freinent l’adoption
57% des responsables IT ont subi au moins un échec dans l’application de l’IA à leur domaine. Parmi les causes identifiées, 38% citent le manque de compétences comme obstacle principal, tandis que la même proportion évoque une qualité de données insuffisante ou un accès limité aux données.
Les domaines les plus matures comme la gestion des services IT et les opérations cloud affichent de meilleurs résultats, avec 53% de réussite. Le financement reste problématique, de nombreuses initiatives étant financées par des unités business individuelles plutôt que par une stratégie centralisée.
Les investisseurs privés misent directement sur l’IA
Parallèlement aux difficultés d’adoption en entreprise, les family offices accélèrent leurs investissements directs dans les startups d’IA, contournant les fonds de capital-risque traditionnels. Arena Private Wealth a récemment co-dirigé un tour de financement de 230 millions de dollars pour la startup de puces d’IA Positron.
En février 2026, les family offices ont réalisé 41 investissements directs dans des startups, quasi-exclusivement liées à l’IA. Selon Mitch Stein d’Arena Private Wealth, “le plus grand risque n’est pas d’avoir une exposition à l’IA, mais de ne pas en avoir”. Cette ruée s’explique par l’allongement des cycles avant introduction en bourse et la concentration des gains dans le privé.
Ce qu’il faut surveiller
L’amélioration de la qualité des outils d’IA crée de nouveaux défis opérationnels. Les mainteneurs de projets open source comme curl font face à une augmentation des rapports de vulnérabilité générés par l’IA, plus crédibles mais nécessitant davantage de vérifications manuelles. Anthropic a dû interdire l’usage de son service Claude via des abonnements pour des outils tiers comme OpenClaw, face à la demande croissante.
Les anciens de OpenAI lancent leur propre fonds d’investissement Zero Shot avec un objectif de 100 millions de dollars, signal d’une maturité croissante de l’écosystème. À surveiller : l’évolution des taux de réussite des projets d’IA entreprise et les nouvelles restrictions d’usage des services d’IA face à la demande.
Cet article vous a plu ? Recevez les prochains par email
Rejoignez +40 000 abonnés. L'essentiel du marché crypto dans votre boîte mail, tous les 2 jours.