Ce qu’il faut retenir :
- Des émissaires américains ont rencontré la délégation iranienne à New York, une première depuis fin juin.
- Donald Trump a menacé d’anéantir l’Iran si Téhéran refuse les conditions américaines d’un accord.
- Le Brent est resté stable autour de 99,24 dollars le baril mercredi en séance asiatique.
Les États-Unis et l’Iran ont repris leurs discussions directes ce mardi 22 septembre, pour la première fois depuis fin juin. Les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner ont rencontré des membres de la délégation iranienne en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, à New York. Selon la télévision d’État iranienne, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi participait à l’échange.
Quelques heures plus tôt, Donald Trump promettait à la même tribune la destruction du régime iranien.
Que s’est-il passé entre les États-Unis et l’Iran à l’ONU ?
Le président américain a ouvert la journée par un discours de 33 minutes devant les dirigeants du monde entier. Il y a décrit une « grande décision » à prendre sur le conflit iranien, avec deux issues possibles pour Téhéran : la grandeur ou l’effacement. Si l’Iran refuse les conditions de Washington, Trump se dit prêt à « anéantir la République islamique, et vite ».
Le ton a changé après le discours. Trump a qualifié de « très bonne » la rencontre entre ses deux émissaires et les Iraniens, et annoncé de nouvelles discussions « dans un avenir proche ». Le président iranien Masoud Pezeshkian était alors en route vers New York pour l’Assemblée générale.
Washington durcit en parallèle l’isolement de l’Iran. Les États-Unis menacent de sanctionner les prestataires de services aériens des pays qui accueillent des compagnies iraniennes. Oman et l’Irak se préparent déjà à ne plus recevoir ces avions, selon un porte-parole de l’Organisation de l’aviation civile iranienne.
Pourquoi le prix du pétrole ne réagit pas
Les marchés ont accueilli la reprise du dialogue sans enthousiasme. Mercredi, en séance asiatique, le Brent, la référence internationale du brut, s’échangeait autour de 99,24 dollars le baril. Le WTI américain cédait 0,3 % à 90,22 dollars, d’après le Financial Times.
Les précédentes discussions directes, fin juin, n’ont débouché sur aucun accord. Le conflit a provoqué une crise énergétique mondiale et étendu les violences à tout le Moyen-Orient. Aux États-Unis, le prix moyen du diesel a atteint un record de 6,50 dollars le gallon, selon l’American Automobile Association (AAA).
Cette facture pèse sur la Maison-Blanche. L’inflation et la hausse des prix à la pompe irritent les électeurs, et la cote de popularité de Donald Trump a touché de nouveaux plus bas.
Un accord avec l’Iran après les midterms ?
Alors que d’autres se sont contentés de parler, j’ai agi. Alors que d’autres ont parlé de paix, je l’ai instaurée.
Trump fixe lui-même une échéance. Il dit s’attendre à un accord « juste après l’élection », c’est-à-dire les élections de mi-mandat de novembre, qui décideront si les républicains gardent le contrôle du Congrès. Selon lui, Téhéran attend de voir son score dans les urnes, mais le scrutin n’influence pas sa conduite de la guerre.
Le président a aussi rejeté les alertes d’analystes de défense et de responsables américains sur l’épuisement des stocks de munitions. Il a traité ceux qui les relaient de « lâches » et de « traîtres ».
Le reste du discours a visé l’Amérique latine et les institutions internationales. Trump a salué le renversement du président vénézuélien par les États-Unis et prédit la chute de Cuba, dont la délégation a quitté la salle. Il a remercié le Conseil de sécurité pour sa résolution condamnant l’Iran, puis attaqué le Conseil des droits de l’homme, la Cour pénale internationale et l’Organisation maritime internationale.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lui avait répondu par avance. « La puissance militaire seule ne peut garantir la paix », a-t-il lancé à l’ouverture des débats.
Ce qu’il faut surveiller
Trois rendez-vous comptent pour les marchés de l’énergie. Le prochain round de discussions, que Washington annonce proche, dira si le canal ouvert à New York tient. La présence de Masoud Pezeshkian à l’ONU cette semaine peut accélérer ou bloquer le processus. Enfin, les midterms du 3 novembre restent l’horizon que Trump s’est lui-même donné. D’ici là, le Brent reste collé au seuil des 100 dollars.
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