Ce qu’il faut retenir :
- Sony Bank a reçu l’approbation conditionnelle de l’OCC pour créer une banque fiduciaire nationale aux États-Unis.
- Sa filiale Connectia Trust, dotée de 40 millions de dollars, émettra un stablecoin adossé au dollar visé pour 2027.
- Le jeton servirait à payer jeux vidéo, animes et abonnements dans l’écosystème Sony.
Sony veut sa propre monnaie numérique pour l’Amérique. Sony Bank, la branche bancaire du groupe japonais, a obtenu l’approbation conditionnelle de l’OCC, le régulateur bancaire fédéral américain, pour créer une banque fiduciaire nationale aux États-Unis, rapporte The Block. Objectif : émettre un stablecoin adossé au dollar qui irriguerait tout l’écosystème du géant de l’électronique et du divertissement, des jeux vidéo aux animes.
Que prévoit Sony avec Connectia Trust ?
Dans un communiqué daté du 6 juillet, Sony Bank annonce la création ce mois-ci d’une filiale détenue à 100 %, Connectia Trust, dotée d’un capital de 40 millions de dollars. L’entité émettra et gérera un stablecoin libellé en dollars, avec un lancement visé courant 2027, sous réserve de l’approbation finale du régulateur, selon l’International Business Times. Aucun dirigeant n’a encore été nommé à sa tête.
Le groupe inscrit ce projet dans la construction d’un socle de moyen et long terme pour les activités d’actifs numériques de Sony Financial Group. L’usage envisagé est très concret : Sony Bank avait indiqué au Nikkei imaginer ses clients américains payer en stablecoin leurs jeux vidéo, animes, abonnements et autres contenus numériques à travers l’écosystème Sony. De quoi transformer une base de dizaines de millions de joueurs PlayStation et d’abonnés en utilisateurs crypto sans qu’ils s’en aperçoivent.
La ruée vers les charters bancaires américains
Sony rejoint une file d’attente déjà bien remplie devant les guichets de l’OCC. L’an dernier, le régulateur a accordé des approbations conditionnelles à Ripple, Circle, Fidelity Digital Assets et Paxos pour des banques fiduciaires nationales, tandis que BitGo décrochait son agrément complet en décembre. Le statut a ses limites : une fois l’approbation finale obtenue, ces établissements peuvent conserver les actifs de leurs clients, mais ne peuvent ni accepter de dépôts en espèces ni accorder de prêts.
Pour un émetteur de stablecoin, le charter fiduciaire national offre néanmoins un avantage décisif : un cadre fédéral unique, plus lisible que la mosaïque des licences État par État, et un gage de sérieux vis-à-vis des partenaires bancaires et des utilisateurs.
Un statut contesté jusqu’au Sénat
Cette vague d’agréments ne fait pas l’unanimité à Washington. La sénatrice démocrate Elizabeth Warren accuse l’OCC d’accorder indûment des charters fiduciaires nationaux à des entreprises qui, selon elle, ne remplissent pas les critères du National Bank Act. La Digital Chamber, qui représente plus de 250 entités du secteur crypto, a répliqué en mai : pour son PDG Cody Carbone, qualifier ces approbations de violations apparentes “méconnaît à la fois la loi et l’autorité de longue date de l’OCC” en matière de charters.
Ce qu’il faut surveiller
La prochaine étape sera l’approbation finale de l’OCC, condition du lancement de Connectia Trust en 2027, et la nomination de son équipe dirigeante. L’arrivée d’un conglomérat comme Sony change la nature du débat : après les natifs de la crypto, ce sont désormais les grandes marques grand public qui réclament leur stablecoin, sur un marché des jetons adossés au dollar qui dépasse déjà les 291 milliards de dollars. Si le jeton de Sony se branche un jour sur le PlayStation Store, il pourrait devenir l’un des rares stablecoins utilisés massivement pour autre chose que du trading.
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