Anthropic ouvre Claude Mythos à l’UE : première sortie hors des États-Unis et du Royaume-Uni

Anthropic propose à l’Union européenne l’accès à Claude Mythos, son puissant modèle d’IA de cybersécurité, une première hors des États-Unis et du Royaume-Uni.
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Ce qu’il faut retenir :

  • Anthropic a proposé à l’Union européenne l’accès à Claude Mythos, une première en dehors des États-Unis et du Royaume-Uni.
  • L’agence européenne de cybersécurité Enisa confirme des discussions, mais les conditions restent à finaliser.
  • Mythos sert à détecter et corriger des failles, avec un risque d’usage offensif qui justifie un accès restreint.

Anthropic vient de franchir une étape inédite. La société américaine a proposé à l’Union européenne d’accéder à Claude Mythos, son puissant modèle d’intelligence artificielle dédié à la cybersécurité. C’est la première fois que cet outil sensible est mis à disposition en dehors des États-Unis et du Royaume-Uni.

L’UE en discussions pour rejoindre Project Glasswing et Claude Mythos

Un porte-parole de l’Enisa, l’agence européenne de cybersécurité, a confirmé les pourparlers. « C’est proposé, mais les conditions sont encore en cours de discussion », a-t-il indiqué. La semaine dernière, des responsables de la Commission européenne se sont rendus à San Francisco pour négocier l’entrée du bloc dans le Project Glasswing, une coalition composée principalement d’entreprises américaines qui s’en servent depuis début avril pour repérer et corriger les vulnérabilités de leurs systèmes.

Je peux confirmer que la Commission a eu plusieurs réunions productives avec Anthropic. Nous saluons les dernières avancées concernant un accès futur potentiel.

Thomas Regnier, porte-parole de la Commission

Selon lui, ce rapprochement est crucial pour cerner les risques associés à ce type de technologie.

Un accès encadré, des conditions à définir

Le diable se loge dans les détails. Les modalités exactes de l’accès européen restent à arrêter, notamment le niveau de visibilité qu’Anthropic obtiendrait sur les systèmes du bloc pendant l’utilisation de Mythos, selon des personnes au fait des discussions. Sollicitée, l’entreprise n’a pas commenté. L’information a d’abord été rapportée par Bloomberg.

Mythos, une arme à double tranchant

Mythos n’est pas un modèle comme les autres. Conçu pour détecter et corriger des failles de sécurité, il dispose de capacités offensives suffisamment avancées pour servir d’arme lors de cyberattaques. C’est cette ambivalence qui a poussé Anthropic à en limiter d’abord la diffusion, sous le nom de Claude Mythos Preview, à un cercle restreint d’acteurs jugés critiques : des géants tech comme Microsoft et Apple, des banques telles que JPMorgan, ou encore des spécialistes de la cybersécurité comme CrowdStrike.

En parallèle, Anthropic collabore étroitement avec le gouvernement américain pour tester et déployer le modèle au sein de départements liés à la sécurité nationale. Hors des États-Unis, le Royaume-Uni était jusqu’ici le seul État connu à y avoir eu accès, via son AI Security Institute, qui l’a évalué avant son déploiement.

La doctrine de Dario Amodei

Le patron d’Anthropic assume une ligne géopolitique claire. Plus tôt cette année, Dario Amodei, directeur général de l’entreprise, avait confié au Financial Times vouloir partager Mythos avec les gouvernements alliés de Washington. « Nous sommes ravis que le gouvernement américain et ceux de tous nos alliés utilisent cette technologie pour défendre l’Ukraine, défendre Taïwan, défendre les démocraties attaquées », déclarait-il en avril, avant de poser une limite :

Je ne veux pas qu’elle soit retournée contre nos propres populations ni utilisée à des fins antidémocratiques.

Comme nous l’évoquions lors de sa méga-levée de fonds récente, la puissance de Mythos inquiète déjà gouvernements et régulateurs. Son ouverture progressive à de nouveaux partenaires se fait donc sous étroite surveillance.

Et maintenant ?

Anthropic a indiqué la semaine dernière travailler à une diffusion plus large de Mythos. « Les modèles de ce niveau de capacité exigent des garde-fous renforcés avant une diffusion générale », a souligné l’entreprise, qui dit progresser vite et viser une mise à disposition de modèles de classe Mythos pour l’ensemble de ses clients « dans les prochaines semaines ». Deux points à surveiller : les conditions finales négociées avec Bruxelles, et la liste des prochains États autorisés, chaque nouvel accès devenant un marqueur d’alliance dans la course mondiale à la cybersécurité.

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