Mistral explose ses revenus à plus de 400 millions et mise sur la souveraineté numérique européenne

Mistral dépasse 400 millions de dollars de revenus, investit 1,2 milliard d’euros en Suède et s’impose comme pilier de la souveraineté numérique européenne face aux géants américains.
mistral ai mensch
  1. Mistral AI porte ses revenus annualisés à plus de 400 M$, multipliés par 20 en un an, et vise 1 milliard $ d’ARR d’ici fin 2026 grâce à plus de 100 grands comptes.
  2. L’entreprise investit 1,2 milliard € dans un data center en Suède de 23 MW, misant sur une énergie bas carbone pour soutenir son intégration verticale et sa croissance.
  3. Mistral capitalise sur la souveraineté numérique européenne face à la dépendance aux acteurs américains, tout en écartant une IPO en 2026 malgré une valorisation proche de 12 Md€.

Un chiffre d’affaires multiplié par 20 en un an

Mistral AI affiche une trajectoire fulgurante. Le champion français de l’intelligence artificielle a vu ses revenus annualisés dépasser les 400 millions de dollars, contre à peine 20 millions un an plus tôt, soit une multiplication par 20. Arthur Mensch, cofondateur et PDG, a confié au Financial Times que l’entreprise vise le milliard de dollars de revenus récurrents annuels d’ici fin 2026.

Une croissance portée par l’expansion rapide de sa base de grands comptes entreprises, désormais supérieure à 100 clients, parmi lesquels ASML, TotalEnergies, HSBC et plusieurs gouvernements européens (France, Allemagne, Luxembourg, Grèce, Estonie).

1,2 milliard d’euros pour des data centers européens

Mistral annonce un investissement de 1,2 milliard d’euros pour construire de nouveaux centres de données en Suède, son premier site en dehors de la France. Le projet, développé avec EcoDataCenter, offrira 23 MW de puissance de calcul et devrait être opérationnel l’année prochaine. Mensch projette plus de 2 milliards d’euros de revenus générés par cette infrastructure sur cinq ans.

Le choix de la Suède n’est pas anodin : une énergie bas carbone et relativement bon marché, deux critères essentiels pour alimenter les puces IA gourmandes en électricité.

La souveraineté numérique comme moteur commercial

Le timing joue en faveur de Mistral. Les tensions géopolitiques liées à la politique étrangère de Donald Trump alimentent la crainte d’un « découplage technologique » entre les États-Unis et l’Europe. Aujourd’hui, l’UE dépend de fournisseurs étrangers, principalement américains, pour plus de 80 % de ses services et infrastructures numériques.

L’Europe a réalisé que sa dépendance aux services numériques américains était excessive et à un point de rupture.

Arthur Mensch, cofondateur et PDG

Mistral se positionne comme le seul développeur européen de modèles de langage « frontier », un avantage compétitif considérable dans ce contexte.

L’entreprise a choisi une stratégie d’intégration verticale : construire et exploiter ses propres data centers plutôt que de dépendre des hyperscalers américains (Amazon, Microsoft, Google). Les serveurs traitent les charges clients le jour et entraînent de nouveaux modèles la nuit. Environ 60 % des revenus proviennent d’Europe, le reste des États-Unis et d’Asie.

Pas d’IPO en 2026, mais l’idée mûrit

Valorisée à près de 12 milliards d’euros après une levée de 1,7 milliard d’euros en septembre menée par ASML, Mistral n’envisage pas d’introduction en bourse cette année. L’accès à du financement par dette suffit pour l’instant. « C’est clairement quelque chose que nous avons en tête pour les prochaines années« , a précisé Mensch, afin de « garantir notre indépendance à long terme« .

Un contraste notable avec OpenAI et Anthropic, qui accélèrent leurs préparatifs d’IPO outre-Atlantique.

Un regard acéré sur la concurrence

Mensch n’hésite pas à piquer ses rivaux. Selon lui, de nombreux clients entreprises ont été « un peu déçus par les chatbots clé en main« , qui peinent à générer un retour sur investissement concret. Il qualifie également de peu rationnelle la vague de ventes massives sur les éditeurs de logiciels traditionnels provoquée par l’arrivée d’outils comme Claude Code : « Je ne pense pas que ces entreprises vont disparaître« , grâce aux données critiques qu’elles détiennent.

En revanche, la stratégie classique des startups logicielles consistant à construire des interfaces sectorielles « a moins de valeur aujourd’hui« , selon lui. L’IA permet désormais de comprendre l’intention de l’utilisateur et de générer l’interface adaptée à la volée.

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