Le « Board of Peace » de Trump et un entrepreneur israélien veulent créer un stablecoin pour Gaza

Le Board of Peace de Donald Trump étudie un stablecoin dollar pour Gaza afin de remplacer le cash détruit par le génocide, mais le projet soulève des risques politiques et des soupçons de conflits d’intérêts.
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  1. Le « Board of Peace » de Donald Trump explore un stablecoin adossé au dollar pour Gaza afin de remplacer le cash et relancer les paiements dans un système bancaire détruit.
  2. Le projet, porté par Liran Tancman avec le NCAG, vise une dorsale numérique sécurisée, mais il se heurte aux coupures d’électricité et au réseau limité à la 2G.
  3. L’initiative soulève des risques politiques et des soupçons de conflits d’intérêts, alors que la famille Trump reste liée à World Liberty Financial, émetteur du stablecoin USD1.

Un dollar numérique pour une économie dévastée

Selon le Financial Times, des responsables travaillant avec le « Board of Peace » de Donald Trump explorent la mise en place d’un stablecoin adossé au dollar pour Gaza, dans le cadre des efforts de reconstruction économique de l’enclave palestinienne. L’initiative, encore à un stade préliminaire, vise à ‘permettre aux Gazaouis d’effectuer des transactions numériques’ dans un territoire où le système bancaire traditionnel a été largement détruit.

Ce ne sera pas un ‘Gaza Coin’ ou une nouvelle monnaie palestinienne, mais un moyen de permettre aux Palestiniens de transacter numériquement.

Source proche du projet au FT

Plus de cash, plus de banques, plus de choix

Le contexte est celui d’un effondrement économique total. Des années de génocide et 2 ans d’affrontements entre Israël et le Hamas ont détruit ou fermé les distributeurs automatiques, et Israël a bloqué les livraisons de nouveaux shekels dans la bande de Gaza. Des courtiers et intermédiaires contrôlent désormais l’offre limitée de monnaie physique, prélevant des commissions exorbitantes.

Cette situation a déjà poussé un nombre croissant de Gazaouis vers les systèmes de paiement électroniques. Le stablecoin s’inscrirait dans cette dynamique, avec un objectif supplémentaire : « assécher Gaza de cash pour que le Hamas ne puisse plus en générer », selon une source familière des discussions.

Un projet piloté par un entrepreneur israélien

L’initiative est portée par Liran Tancman, entrepreneur tech israélien et ancien réserviste, aujourd’hui conseiller du « Board of Peace« . Le projet implique également le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), le nouveau gouvernement technocratique palestinien, et le Bureau du Haut Représentant dirigé par l’ancien envoyé de l’ONU Nickolay Mladenov.

Tancman a déclaré la semaine dernière à Washington que le NCAG travaillait sur « une dorsale numérique sécurisée, une plateforme ouverte permettant les paiements électroniques, les services financiers, l’e-learning et la santé ». Le réseau 2G de Gaza, seul disponible actuellement, devrait être amélioré avec un accès haut débit gratuit aux services essentiels d’ici juillet.

Des préoccupations politiques et pratiques

Le projet soulève des inquiétudes. Certains interlocuteurs cités par le FT redoutent qu’un stablecoin limité à Gaza contribue à séparer économiquement l’enclave de la Cisjordanie, les deux territoires que les Palestiniens revendiquent comme partie d’un futur État. Si le stablecoin n’est pas sous le contrôle de l’Autorité monétaire palestinienne (qui fait office de banque centrale), Gaza pourrait devenir une économie autonome et détachée, compliquant encore les perspectives d’unité nationale.

Les promoteurs du projet rejettent cette lecture : ‘Personne n’essaie de diviser Gaza de la Cisjordanie.’

Les obstacles pratiques sont également réels : coupures de courant fréquentes et réseau limité au 2G, deux contraintes difficilement compatibles avec une économie numérique fonctionnelle à court terme.

Trump, les stablecoins et les conflits d’intérêts

L’initiative s’inscrit dans la stratégie plus large de Trump en faveur des stablecoins. Le président a signé la première loi fédérale sur les stablecoins l’été dernier et reste impliqué, via sa famille, dans World Liberty Financial, émetteur du stablecoin USD1. Le « Board of Peace » lui-même, coprésidé par Trump et piloté en partie par son gendre Jared Kushner, fonctionne sur invitation avec un droit d’entrée d’un milliard de dollars.

La question qui se pose inévitablement : si un stablecoin devait être déployé à Gaza sous l’égide d’une initiative liée à Trump, serait-ce USD1 ? Rien ne l’indique à ce stade, mais l’intersection entre les intérêts commerciaux de la famille présidentielle et les projets de reconstruction financés par des fonds souverains du Golfe continue d’alimenter les critiques sur les conflits d’intérêts.

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