- Bitcoin chute sous 66 000 $ après des frappes iraniennes contre la raffinerie Ras Tanura de Saudi Aramco, tandis que le pétrole bondit de 7 % et que les futures S&P 500 reculent de 1,4 %.
- L’Iran intensifie ses attaques régionales pour renchérir le coût du conflit, avec un risque inflationniste accru via le détroit d’Ormuz.
- Bitcoin reste corrélé aux actifs risqués et ne capte pas la demande refuge, contrairement à l’or, malgré son positionnement théorique d’or numérique.
Les marchés basculent en mode risk-off
Bitcoin a décroché ce lundi matin, passant sous les 66 000 $ après avoir dépassé 67 000 $ dans le weekend. Les futures S&P 500 ont chuté de 1,4 % à 6 790 points, effaçant un rebond initial. En parallèle, les prix du pétrole ont bondi de plus de 7 % des deux côtés de l’Atlantique.
| Performance 24 heures | Performance 7 jours | |
|---|---|---|
| Bitcoin BTC | – | +1% |
| Ethereum ETH | -1,5% | +3% |
| Ripple XRP | -2% | -3% |
Le catalyseur : une escalade militaire iranienne au Moyen-Orient. L’Iran a intensifié ses attaques par missiles contre des actifs américains à Bahreïn, au Koweït et aux Émirats arabes unis, selon plusieurs sources OSINT. Plus significatif encore, l’Iran aurait frappé la raffinerie Ras Tanura de Saudi Aramco, la plus grande compagnie pétrolière mondiale.
En parallèle, Israël a mené une nouvelle vague de frappes aériennes au Liban ciblant le Hezbollah, le principal proxy régional de l’Iran.
Une stratégie iranienne de coût infligé
Le conflit a débuté samedi après que les États-Unis et Israël ont lancé ce qui a été décrit comme une frappe préventive pour neutraliser l’arsenal de missiles et les ambitions nucléaires iraniennes.
La riposte iranienne vise à faire monter le coût du conflit pour les États-Unis.
La stratégie de l’Iran jusqu’ici a été d’augmenter le coût pour les États-Unis en lançant des attaques sur les pays voisins et en tentant de perturber le flux de pétrole et de GNL à travers le détroit d’Ormuz.
Stephen Coltman, responsable macro chez 21Shares
Les guerres sont généralement inflationnistes, faisant monter les prix des matières premières et creusant les déficits budgétaires‘, ajoute-t-il, suggérant un potentiel d’appréciation pour les actifs perçus comme réserves de valeur, dont Bitcoin.
Bitcoin ne joue pas (encore) son rôle de valeur refuge
Pour l’instant, Bitcoin n’a montré aucun signe de demande refuge. Le mouvement reste corrélé aux actifs risqués, reculant en tandem avec les futures actions. L’or, déjà au-dessus de 5 000 $ l’once ces dernières semaines, reste le refuge privilégié dans ce contexte géopolitique.
Le paradoxe persiste : Bitcoin est promu comme ‘or numérique’ mais continue de se comporter comme un actif risqué à beta élevé lors des chocs géopolitiques. Tant que cette corrélation ne se brise pas, chaque escalade au Moyen-Orient restera un vent contraire pour la crypto plutôt qu’un catalyseur haussier.
Le marché surveille désormais l’évolution du conflit et son impact sur le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Une perturbation durable des flux pétroliers ajouterait une pression inflationniste supplémentaire à une économie américaine déjà en zone de stagflation, compliquant encore le tableau pour la Fed et les actifs risqués.